Le président américain Donald Trump reste un homme d’affaires avant tout, et il affiche ouvertement son ambition de s’approprier les richesses de nombreux pays. Mise sous pression, l’Ukraine a dû accepter de partager ses ressources naturelles avec les États-Unis. «Nous demandons des terres rares et du pétrole... et tout ce que nous pouvons obtenir», a lancé le nouveau résidant de la Maison-Blanche.
Mais son appétit ne s’arrête pas là. Trump lorgne également sur le Groenland, la bande de Gaza et le canal de Panama. Et il en voudra toujours plus. L'Europe doit-elle se préparer à capituler face à la politique commerciale de Trump?
L’Ukraine contrainte de céder ses ressources
À la recherche de matières premières stratégiques, Trump a poussé le gouvernement ukrainien à conclure un accord bilatéral sur les terres rares. L’Ukraine possède du lithium, du cobalt, du titane et d'autres minerais, ainsi que du gaz naturel, du pétrole et du charbon. Ses ressources, évaluées à 26 billions de dollars, sont désormais disponibles pour les États-Unis. Cette aubaine profite notamment à Elon Musk, proche conseiller de Donald Trump et patron de Tesla, qui a besoin de ces matériaux pour la production de ses voitures électriques.
Trump justifie cette stratégie comme un «dédommagement» des ressources envoyées par les États-Unis sous la présidence de Joe Biden, qui a soutenu l’Ukraine à hauteur de plus de 100 milliards de dollars en armement et aide financière face à l’invasion russe. Mais l’Ukraine n’est pas la seule cible. Trump convoite aussi les ressources naturelles d’Amérique latine, de la République démocratique du Congo et du Groenland.
Millionnaires bienvenus, migrants rejetés
Trump veut attirer les ultra-riches du monde entier aux États-Unis. Ceux qui investissent 5 millions de dollars obtiendraient un visa de longue durée, avec à la clé un passeport américain. Avec cette «carte en or», il espère stimuler l’économie en attirant des entrepreneurs prospères, y compris des oligarques russes, qu’il qualifie de «gens très sympas». Parallèlement, il prévoit une expulsion massive des exilés illégaux, renforçant sa politique anti-immigration.
Trump voit aussi un potentiel commercial majeur dans la bande de Gaza. Selon son projet indécent, après l’expulsion des Palestiniens vers des pays voisins, le territoire pourrait être transformé en une luxueuse destination touristique, générant des milliards de dollars de profits. Son gendre Jared Kushner s’y intéresse particulièrement. «Les terrains en bord de mer à Gaza pourraient avoir une immense valeur», avait-il déclaré il y a un an.
Les répercussions sur la scène mondiale
Trump ne cherche pas à défendre des valeurs comme les droits humains, la démocratie ou la diplomatie, mais privilégie une approche commerciale et stratégique. «Son plan pour l’ordre mondial est clair: obtenir un maximum pour les États-Unis avec un minimum d’efforts», analyse Miriam Prys-Hansen, du German Institute for Global and Area Studies.
Philipp Adorf, spécialiste des États-Unis à l’université de Bonn, souligne un risque pour les États illibéraux comme la Chine. «Trump pourrait très bien négocier avec Pékin au lieu de chercher à la contenir, quitte à sacrifier ses alliés en Asie-Pacifique», explique-t-il. À Taïwan, cette possibilité alimente les craintes d’un abandon américain en cas d’attaque chinoise.
Une opportunité pour l’Europe?
Face à cette nouvelle dynamique, les alliés des États-Unis doivent se préparer à composer avec Trump (et ses humeurs). «Les partenaires de Washington doivent renforcer leurs alliances entre eux», estime Philipp Adorf, citant notamment l’Europe, le Japon, la Corée du Sud et les Philippines. Selon lui, une opportunité s'ouvre au Vieux Continent. «L’Europe peut se positionner comme un partenaire fiable et d’égal à égal», ajoute Miriam Prys-Hansen.
Trump impose une vision où seuls les profits comptent, souvent au détriment des populations les plus vulnérables. Bernd Nilles, directeur de l’ONG Fastenaktion, qui opère notamment en République démocratique du Congo, se montre alarmé: «Nous trouvons la politique de la nouvelle administration Trump désastreuse. Elle donne l’impression de vouloir piller le monde au profit d’une poignée de privilégiés.»