Même Hans-Jörg Bertschi doit l'admettre: «Tels qu'ils sont conçus aujourd'hui, les accords bilatéraux sont positifs pour la Suisse.» Mais aux yeux de l'entrepreneur dans le domaine du transport, cela s'arrête là. Pour lui, il n'est pas nécessaire de développer davantage les relations avec l'Union européenne (UE). «La Suisse devrait s'en tenir au statu quo, qui est également supportable pour l'industrie», déclare ce membre du comité d'Autonomiesuisse.
Hans-Jörg Bertschi est l'un des initiateurs de cette association d'entrepreneurs qui s'engage pour «une Suisse qui se place sur un pied d'égalité avec l'UE comme avec les autres pays». Les négociations sur un accord-cadre, interrompues entre-temps, avaient attiré l'attention de l'intéressé en 2019 déjà.
Ce dernier voit d'un œil critique les négociations en cours avec l'UE – les Bilatérales III –, craignant une restriction des droits démocratiques. Il critique le mécanisme de règlement des différends prévu, dans lequel les juges européens auraient le dernier mot en cas de conflit.
Sur la Suisse et l'UE
Trop de bureaucratie
Le président du Conseil d'administration du groupe Bertschi met également en garde contre l'adaptation dynamique au droit européen: «C'est là que la Suisse doit fixer une limite lorsque nos conditions économiques générales risquent de se détériorer, comme dans le cas de la loi européenne sur la chaîne d'approvisionnement récemment adoptée et qui s'étend de manière bureaucratique.»
Avec cette loi, les entreprises doivent notamment prouver que leurs chaînes d'approvisionnement sont alignées à l'accord de Paris sur la lutte contre le changement climatique. Celui-ci prévoit que l'augmentation de la température mondiale ne dépasse pas de plus de 1,5 degré le niveau préindustriel d'ici 2050. «Je ne vois pas comment cela peut être démontré pour les chaînes d'approvisionnement mondiales, déclare l'entrepreneur. L'UE veut-elle renoncer à l'avenir à commercer avec de grandes parties du monde?» Sont notamment citées la Chine ou l'Inde, qui n'espèrent pas atteindre l'objectif climatique avant 2060 ou 2070.
Contrairement aux partisans de nouveaux accords avec l'UE, Hans-Jörg Bertschi doute que de nouveaux accords bilatéraux puissent stimuler durablement la croissance économique en Suisse. Sa conclusion: «Les accords sont bénéfiques tant que l'on ne doit pas se soumettre au partenaire commercial.»