Il va falloir riposter. Ce ne sont pas des mots. C’est une réalité. Maintenant que Donald Trump a annoncé son intention de taxer à 25% les produits européens importés aux Etats-Unis, la guerre commerciale entre les deux rives de l’Atlantique est imminente. Le Présidewnt américain pense, absolument à tort eu regard de l'histoire, que l'Union européenne a été crée pour «emmerder» son pays. Et si c'était le moment de lui donner raison?
Mais il n’y a bien sûr pas que cela. La question de la guerre en Ukraine sonne comme un défi stratégique pour les Européens, si Washington persiste à imposer une paix qui aurait pour seul but de renouer d’urgence avec la Russie de Vladimir Poutine. S’y ajoute le sujet de la soi-disant défense de la liberté d’expression, et du soutien de l’administration américaine aux droites nationales-populistes, quitte à déstabiliser les gouvernements élus démocratiquement.
Riposter, mais comment? Voici trois exemples de ce que les Européens et leurs partenaires (dont la Suisse) peuvent faire vite. Pour éviter que leur avenir soit pris en otage par Donald Trump et les siens.
Riposte N° 1: Taxer et mieux vendre
Les Européens ne doivent pas seulement préparer une liste de produits américains qui seront taxés, eux aussi, à 25%. Cet aspect-là est plutôt bien en main, car la Commission européenne (seule habilitée à négocier pour les 27 pays membres) a anticipé le choc douanier à venir. L’urgence est d’expliquer aux citoyens des deux côtés de l’Atlantique de quoi on parle. Une campagne marketing planétaire doit être engagée pour démontrer les qualités du «Made in Europe».
Il ne faut pas se contenter de défendre son marché. Il faut que les Européens fassent en urgence ce que la Suisse a su formidablement faire ces dernières décennies: vanter les mérites de ses produits, monter des campagnes de publicité convaincantes pour mieux vendre. Taxer seulement en retour serait une grave erreur. Il faut que le «Made in Europe» sorte impérativement renforcé de cette crise.
Riposte N° 2: Protéger nos données
Ce n’est pas qu’une question de normes et de règles. Le DSA, le Digital Services Act européen, n’est pas le bouclier imparable. Il faut d’urgence que les Européens dénoncent leurs contrats avec des firmes américaines lorsque cela est possible. L’accès aux données culturelles, aux bibliothèques, aux données des musées européens doivent faire l’objet d’une législation d’urgence Donald Trump oublie que sans données à mouliner, l’intelligence artificielle ne peut rien produire.
Les universités européennes doivent très vite se coordonner. Le moment est venu d’imaginer d’autres solutions, et de débloquer pour ce faire des fonds importants à l’intention de laboratoires européens comme ceux des Ecoles polytechniques fédérales en Suisse. Dans son rapport, l’ancien premier ministre Mario Draghi parle d’un besoin d’investissement par an de 800 milliards d’euros pour l’innovation. Au moins la moitié doit être mise sur la table maintenant, en abandonnant s’il le faut d’autres programmes.
Riposte 3: S’armer et défendre l’Ukraine
Prenez trois sujets. Le premier est la constellation de satellites Starlink d’Elon Musk, indispensable pour l’Ukraine. Les Européens peuvent, soit payer les services à la place des Ukrainiens pour éviter la coupure, soit interdire Starlink sur le continent si celui-ci stoppe son signal. Voilà qui serait massif! Second sujet: l’armement. Des commandes communes doivent être très vite passées aux principaux fournisseurs d’armes européens. Cela n’empêche pas d’acheter aussi américain, mais il faut que le signal envoyé soit fort.
Désormais, la défense européenne passera par l’Europe. Troisième sujet: la défense de l’Ukraine. Pourquoi ne pas proposer d’emblée des garanties de sécurité européennes à Kiev, comme le réclame Donald Trump? Il faut prendre des risques pour desserrer l’étau trumpiste. Et c’est le moment de passer à l’acte.