Le Ministère public vaudois a ouvert une instruction pénale à la suite des tags controversés durant les Brandons de Payerne, le week-end des 8 et 9 mars. Le Parquet estime qu'il existe «un soupçon» d'infraction pénale de discrimination et incitation à la haine. La récente dénonciation pénale de la ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra-Vaud) sera traitée dans le cadre de cette instruction, précise jeudi le Ministère public dans un communiqué.
Héritage d'une tradition satirique vieille de 70 ans, les barbouillages anonymes des vitrines de Payerne ont provoqué cette année la polémique en raison de textes jugés racistes et antisémites. L'enquête du Ministère public visera à analyser «la portée juridique de ces messages», explique-t-il. Et de rappeler que l'article 261 bis du Code pénal, soit la discrimination et incitation à la haine, est une infraction qui est poursuivie d'office.
Réactions politiques
Largement relayés par les médias, les tags des Brandons ont aussi fait réagir la classe politique, avec notamment des interventions devant le Grand Conseil vaudois. La présidente du Conseil d'Etat, Christelle Luisier, avait aussi pris la parole devant les députés pour dénoncer «tout acte, geste ou propos raciste, antisémite, haineux ou discriminant.»
De leur côté, les organisateurs des Brandons avaient présenté leurs excuses aux personnes qui auraient pu être affectées.