Il opérait le cœur des enfants au CHUV et dirigeait son unité, le voilà mis à l'écart par son employeur. Ce jeudi 20 mars, la RTS révèle que le Centre hospitalier universitaire vaudois a pris, en mars 2024 et sans crier gare, la décision «rarissime» d'écarter un de ses chirurgiens cardiaques pédiatriques du bloc opératoire. Et pas n'importe qui, le chef de secteur.
Le média de service public a recueilli des témoignages de soignants avec lesquels il a opéré. A l'interne, certains estiment que les complications postopératoires sont en augmentation depuis l'arrivée de ce docteur à la tête du secteur en 2022.
Il semble y avoir rupture de confiance entre le médecin-chef et ses collaborateurs, qui lui reprochent d'accepter «des cas trop complexes» et de manquer de «certaines compétences» médicales, mais aussi de «leadership», cite la RTS.
Une discipline délicate
Le chirurgien n'a pas répondu aux sollicitations du service public. De son côté, la communication du grand hôpital vaudois en reste à dire que la chirurgie cardiaque pédiatrique est une discipline délicate en raison de la fragilité des patients. Et qu'elle n'a pas de quoi démontrer une seule erreur médicale.
Conséquence de cette mise à l'écart – qui ne remet pas en question le salaire du médecin? La star des chirurgiens vaudois, René Prêtre, est sorti de sa récente retraite pour reprendre les opérations cardiaques d'enfants et de tout-petits.