L'annonce par le président américain Donald Trump de droits de douanes très lourds, notamment contre la Suisse (31%), la Chine (34%) et l'Union européenne (20%), a pris de court le monde entiers. Voici les premières réactions en Suisse et ailleurs.
Suisse
«Les intérêts économiques à long terme du pays constituent la priorité», a souligné la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter, après que Donald Trump a annoncé son intention de taxer les produits suisses à hauteur de 31%. «Le respect du droit international et le libre-échange sont fondamentaux», a-t-elle ajouté, précisant que Berne allait «définir rapidement la suite»
Union Européenne
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé jeudi que les nouveaux droits de douane annoncés par le président américain Donald Trump étaient «un coup dur» pour l'économie mondiale.
Regrettant «profondément» cette décision, elle a affirmé que les Européens étaient «prêts à réagir»et travaillaient déjà à "un nouveau paquet de contre-mesures» au cas où les négociations avec l'administration américaine, ardemment souhaitées par l'UE, devaient échouer.
Chine
La Chine a déclaré jeudi «s'opposer fermement» aux nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump, particulièrement lourds pour ses produits, promettant de riposter pour défendre ses «droits et intérêts».Les droits de douane américains «ne respectent pas les règles commerciales internationales et portent gravement atteinte aux droits et intérêts des parties concernées», a dénoncé le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.
Canada
«Nous allons combattre ces droits de douane avec des contre-mesures», a annoncé le Premier ministre Mark Carney, selon qui les nouveaux droits de douane vont «fondamentalement changer» le commerce international.
France
Emmanuel Macron a réagi aux annonces de Trump en invitant à l'Elysée «les représentants des filières impactées par les mesures tarifaires annoncées par les Etats-Unis». La réunion doit avoir lieu jeudi après-midi à 16h00, fait savoir la présidence de la République française.
Allemagne
L'industrie chimique allemande, dont les Etats-Unis sont le premier marché d'exportation, a appelé mercredi l'UE à «garder la tête froide», soulignant qu'«une escalade ne ferait qu'aggraver les dégâts».
La fédération de l'industrie automobile a de son côté estimé que les nouveaux droits de douane «ne feront que des perdants» et appelé l'UE «à agir de manière unie et avec la force nécessaire, tout en continuant à signaler sa volonté de négocie».
Royaume-Uni
Le Royaume-Uni veut conclure un accord avec les Etats-Unis pour «atténuer» l'impact des droits de douane et n'entend pas riposter immédiatement, a annoncé le ministre du Commerce, Jonathan Reynolds.
«Les Etats-Unis étant notre allié le plus proche, notre approche consiste à rester calme et à nous engager à conclure cet accord qui, nous l'espérons, atténuera l'impact de ce qui a été annoncé aujourd'hui», a-t-il déclaré.
Italie
«L'introduction par les Etats-Unis de droits de douane à l'égard de l'UE est une mesure que je considère comme mauvaise», a déclaré la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Elle veut «parvenir à un accord avec les Etats-Unis, afin d'éviter une guerre commerciale qui affaiblirait inévitablement l'Occident au profit d'autres acteurs mondiaux».
Australie
«Ces droits de douane ne sont pas inattendus, mais soyons clairs: ils sont totalement injustifiés», a déclaré le Premier ministre australien Anthony Albanese, pour qui la relation qu'entretient le pays avec les Etats-Unis risque d'être altérée.
Japon
Les mesures tarifaires prises par les Etats-Unis sont «extrêmement regrettables», a indiqué le ministre du Commerce et de l'Industrie Yoji Muto, précisant avoir «vivement exhorté Washington à ne pas les appliquer au Japon». «Nous avons de sérieuses inquiétudes quant à leur conformité avec les règles de (l'Organisation mondiale du commerce) et l'accord commercial entre le Japon et les Etats-Unis», a par ailleurs déclaré le porte-parole du gouvernement Yoshimasa Hayashi.
Corée du Sud
La «guerre tarifaire mondiale est devenue une réalité», a déploré le président par intérim Han Duck-soo, qui s'est engagé à «utiliser toutes les ressources du gouvernement pour surmonter la crise commerciale».
Danemark
«Le commerce mondialisé a profité à tous (...) Je ne comprends pas que les Etats-Unis veuillent déclencher une guerre commerciale contre l'Europe. Personne n'est gagnant, tout le monde est perdant», a déclaré Lars Løkke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères, assurant que «l'Europe restera unie. L'Europe donnera des réponses solides et proportionnées».
Brésil
Le Parlement brésilien a adopté à l'unanimité une «loi de la réciprocité» donnant au gouvernement des moyens pour répliquer aux barrières commerciales à ses exportations.