Après une manifestation non autorisée sur la Place fédérale
Visée par une amende, l'UDC se moque de la décision de justice

En décembre, les dirigeants de l’UDC ont manifesté sans autorisation sur la Place fédérale contre l’accord avec l’UE. Résultat? Une amende est tombée. Mais le parti tente désormais d’ignorer la décision de justice.
Publié: 11:55 heures
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Dernière mise à jour: 12:10 heures
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Lors de la dernière session d'hiver, les dirigeants de l'UDC ont manifesté très tôt le matin devant le Palais fédéral.
Photo: Karl-Heinz Hug
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Daniel Ballmer

Quand il s'agit de criminalité étrangère, l’Union démocratique du centre (UDC) aime se présenter comme le parti de la loi et de l’ordre. Mais lorsqu’il est lui-même concerné, il semble nettement moins regardant sur le respect des règles.

En décembre, pour exprimer son opposition à l'accord-cadre entre la Suisse et l’UE, le groupe parlementaire UDC a organisé une action coup de poing sur la Place fédérale. Avant le début de la session, Magdalena Martullo-Blocher, Thomas Aeschi, le président du parti Marcel Dettling et d’autres élus se sont réunis à l’aube devant le Palais fédéral, armés d’une hallebarde et de bougies de cimetière.

Montant de l'amende inconnue

Dès ce moment-là, une sanction semblait probable. La police bernoise était intervenue sur place: aucune autorisation n’avait été demandée pour la manifestation. Les agents ont relevé l’identité du secrétaire général de l’UDC, puis demandé aux participants de quitter les lieux.

Quelques mois plus tard, l’affaire rattrape le parti. L’Inspection de police – autorité compétente, a adressé une amende à l’UDC par lettre recommandée, comme le confirme Norbert Esseiva, chef de la police locale et du commerce, interrogé par Blick. Le montant reste inconnu, la procédure étant encore en cours.

Une lettre ignorée

Mais l’UDC semble faire traîner les choses. Le courrier recommandé n’a pas été retiré, et la décision d’amende est revenue à l’expéditeur. «La décision d’amende nous est revenue et la procédure de notification est maintenant en cours», explique Norbert Esseiva. Le délai d’opposition de dix jours ne commencera à courir qu’une fois la notification jugée effective. D'ici là, la procédure n'est pas terminée.

Contactée par Blick, la centrale de l’UDC n’a pas souhaité commenter. En décembre déjà, elle n’avait toutefois laissé planer aucun doute sur son agacement: «Il est absolument choquant qu’il y ait éventuellement une dénonciation lorsque le plus grand groupe parlementaire du Palais fédéral exerce ses droits démocratiques devant le Palais fédéral», s’indignait alors la porte-parole du parti.

L’ironie ne passe pas inaperçue. Par le passé, c’est justement l’UDC qui s’était montrée la plus virulente contre les manifestations non autorisées organisées sur la Place fédérale durant les sessions parlementaires.

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