Le président américain Donald Trump envisage un troisième mandat. Claudia Brühwiler, professeure à l’Université de Saint-Gall, explique quelles sont ses chances et quels sont les obstacles juridiques qui se dressent sur sa route.
Dans le cadre d’une interview téléphonique avec NBC, le président américain Donald Trump a récemment émit la possibilité d’un troisième mandat. Sa proposition: l’actuel vice-président JD Vance se présenterait comme candidat à la présidence des États-Unis en 2028 – Trump serait alors vice-président – et démissionnerait après avoir gagné les élections. Cela ouvrirait ainsi la voie à Trump. «C’est une méthode», a déclaré Trump en ajoutant: «Mais il y en a d’autres.»
Toutefois, en vertu de la constitution américaine, un troisième mandat est impossible. Le vingt-deuxième amendement stipule que les présidents américains ne peuvent être élus plus de deux fois. Dans ce cadre, le scénario de Trump est-il réaliste? «C’est controversé», explique Claudia Brühwiler, experte de la culture politique et du conservatisme aux Etats-Unis dans son entretien avec Blick. Normalement, un vice-président ne prend la présidence des États-Unis que si le chef de l’État démissionne pour des raisons de santé.
Une question pour les tribunaux
«Contourner le vingt-deuxième amendement de la Constitution des États-Unis me paraît être une violation de la Constitution», explique Claudia Brühwiler. En effet, c’est à partir de 1947 que les présidents américains se sont vu interdire un troisième mandat. Trump pourrait toutefois faire valoir que cela ne le concerne pas, en avançant que Joe Biden lui aurait volé l’élection de 2021. Cependant: «C’est à la Cour suprême de décider si un troisième mandat de Donald Trump est légal ou non.»
Les républicains pénalisés?
Encore faut-il que JD Vance se présente et remporte la présidentielle de 2028. «En ce moment, les démocrates agissent sans réfléchir, personne n’a le profil pour sérieusement mettre en danger la présidence de Vance», explique Claudia Brühwiler. À cela s’ajoute la question de l’économie américaine, déterminante, mais dont l’évolution n’est pas prévisible. «Si Trump continue avec les droits de douane, il est probable que les républicains en pâtiront lors des prochaines élections», prédit la professeure.
Dernière chance de Trump pour un troisième mandat: une modification de la constitution. Cependant, selon Claudia Brühwiler, «Les obstacles sont si grands qu’il n’y arriverait pas.» Le président américain ne pense pas toujours ce qu’il dit: «Trump aime provoquer pour détourner l’attention». «Les effets des droits de douane sont encore inconnus, et aucune tête n’a encore roulé dans le cadre du scandale Signal.»
Aucun président ne doit s’accrocher au pouvoir
Donald Trump n’est pas le premier président américain à envisager un troisième mandat. En 1945, Franklin D. Roosevelt entrait dans son quatrième mandat, mais ce dernier était exceptionnel à plusieurs égards, notamment en raison de la crise économique et de la Seconde Guerre mondiale. «Il y avait peur de volonté de changement et, en temps de guerre, il est difficile de changer de président», explique Claudia Brühwiler. Cette quatrième présidence de Franklin D. Roosevelt a toutefois déclenché la limite à trois mandats dans la constitution, pour qu’aucun président ne s’accroche au pouvoir.