Après 2 mois de trêve
Pourquoi Netanyahu a choisi de reprendre la guerre à Gaza maintenant?

La fragile trêve entre Israël et le Hamas a pris fin avec de nouvelles frappes sur Gaza mardi 18 mars. Plusieurs raisons officielles, mais aussi officieuses expliquent la reprise de l'offense israélienne.
Publié: 20.03.2025 à 07:18 heures
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Benjamin Netanyahou a annoncé mardi soir que les bombardements sur Gaza n'était «qu'un début» (Illustration).
Photo: AFP
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Solène MonneyJournaliste Blick

En vigueur depuis deux mois seulement, le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas était fragile. A 3h du matin mardi 18 mars, Tsahal a laissé éclater sa colère en bombardant la bande de Gaza. Les frappes ont tué 548 Palestiniens. Mercredi, une «opération terrestre ciblée» a été mené dans le centre et le sud de Gaza. 

Et les frappes devraient continuer à pleuvoir comme l'a déjà annoncé, Benjamin Netanyahu dans une allocution télévisée mardi soir: «Je tiens à vous assurer que ce n'est qu'un début.» Mais alors, après deux mois de trêve (fragile), quelles sont les raisons qui poussent Israël à reprendre le conflit?

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Les pressions politiques

La politique intérieure israélienne joue un rôle important dans cette reprise des combats. L'extrême droite fait pression sur Benjamin Netanyahu qui a besoin de cette faction pour gouverner. Celle-ci n'a guère apprécié le cessez-le-feu à Gaza qu'ils perçoivent comme une capitulation face au Hamas. 

Après le départ du ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir en signe de protestation, Bezalel Smotrich, un autre ministre menaçait également de claquer la porte si la guerre ne reprenait pas, critiquant une conduite trop timide du Premier ministre. Mise à exécution, cette décision aurait brisé la coalition gouvernementale.

La reprise de la guerre pourrait également détourner l'attention sur la promesse controversée de Benjamin Netanyahou de limoger Ronen Bar, chef de la célèbre agence du renseignement intérieur Shin Beth. Cette décision pourrait plonger le pays dans une grave crise politique. Des manifestations massives ont déjà eu lieu.

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L'impasse d'une trêve durable

Le 17 janvier, Israël et le Hamas ont signé un accord de cessez-le-feu durable en trois phases. La première a duré 42 jours. Le Hamas a indiqué souhaiter entamer des négociations en vue d'une éventuelle seconde phase, prévue dans l'accord. 

Selon cet accord, Israël devrait se retirer entièrement de Gaza et s'engager à mettre définitivement fin à la guerre. En échange, le Hamas libérerait tous les otages israéliens vivants – sur les 59 détenus, 24 seraient en vie. Mais l'Etat hébreux a clairement fait savoir qu'il exigeait de nouvelles conditions. Il souhaite que le Hamas continue à libérer les otages en échange des détenus palestiniens, sans s'engager à mettre fin au conflit et à retirer l'armée.

Face à une impasse dans les négociations, Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Israël Katz ont décidé de la reprise de l'offensive à Gaza. Ils avancent que c'est dû au «rejet de toutes les propositions de l'envoyé américain Steve Witkoff et des médiateurs».

Selon Israël l'envoyé américain au Moyen-Orient aurait proposé une prolongation du cessez-le-feu jusqu'en avril, sans assurer le respect des engagements de janvier. Une proposition rejetée par le Hamas. 

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Tsahal à nouveau prêt avec l'aide des Etats-Unis

Une raison officieuse est qu'après des mois de guerre, l'armée israélienne avait besoin d'une pause, avance franceinter. Il fallait à Tsahal reconstituer les stocks de munitions et identifier les nouvelles cibles du Hamas. 

A cela s'ajoute le soutien inconditionnel de l'administration Trump qui a livré de nouvelles armes. L'attaque de mardi a été décidé «en total acccord» avec Washington. Le président américain a clairement signifié qu'il soutenait une reprise de la guerre. «J'envoie à Israël tout ce dont il a besoin pour terminer le travail. Aucun membre du Hamas ne sera en sécurité si vous ne faites pas ce que je dis», a-t-il déclaré un peu plus tôt ce mois-ci. Et son message est clair: «si vous gardez des otages, vous êtes morts.»

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