Qualifier le controversé conseiller national de l'Union démocratique du centre (UDC) Andreas Glarner d'«extrémiste de droite gaga» est légal. C'est, du moins, l'avis de la Cour suprême argovienne qui a confirmé mardi un jugement de première instance. Elle a acquitté un ancien journaliste attaqué en justice par le principal intéressé.
Dans le débat politique, les atteintes à l'honneur sont à traiter avec la plus grande retenue, a déclaré la présidente du tribunal en prononçant le jugement en appel. La liberté d'opinion exige l'aptitude à faire face à la critique publique, parfois virulente, selon elle.
Une classification acerbe
Pour le lecteur moyen, l'emploi du qualificatif d'«extrémiste de droite gaga», choisi par l'ex-journaliste Hansi Voigt dans un tweet ne suggère pas que le conseiller national argovien Andreas Glarner soit antidémocratique, prêt à recourir à la violence ou qu'il ait de la sympathie pour le national-socialisme. Il s'agissait d'une classification acerbe et aigüe dans le spectre politique, estime la juge cantonale.
La décision d'acquitter l'accusé n'a, cependant, pas été unanime. Une minorité de la Cour estimait que le tweet était punissable, car elle touchait à la réputation d'Andreas Glarner en tant que personne reconnaissable. Le conseiller national UDC a annoncé qu'il allait faire recours au Tribunal fédéral contre le verdict de la justice argovienne.