Election à la Municipalité
Une vidéo diffamatoire en «deepfake» prend pour cible le syndic d'Yverdon

Le syndic d’Yverdon, Pierre Dessemontet, a été victime d’un «deepfake» partagé sur Facebook, l’imitant pour lui prêter des propos polémiques. Il a porté plainte pour usurpation d’identité et diffamation, dénonçant une campagne hostile qui nuit au débat démocratique.
Publié: 18:40 heures
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Dernière mise à jour: 18:54 heures
Le visage du syndic d'Yverdon-les-Bains, Pierre Dessemontet (PS), apparaît en «deepfake» sur une vidéo vue des centaines de fois.
Photo: Keystone
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Lucie FehlbaumJournaliste Blick

Le syndic d’Yverdon Pierre Dessemontet a été victime d’un «deepfake» vu des centaines de fois sur Facebook. La fausse vidéo, qui lui prête des propos dérogatoires contre des membres de la Municipalité et la population yverdonnoise, a été vue des centaines de fois.

Dans le document, que Blick a pu consulter, on entend le syndic dire notamment: «j’arrive à faire gober n’importe quoi aux habitants de notre ville.» Le clip a depuis été supprimé. 

Le socialiste a porté plainte ce 27 février, pour usurpation d’identité et diffamation. Il a également publié des rectificatifs sur Facebook et Linkedin. «On a copié mon timbre de voix, ajoute celui qui a récemment quitté son siège au Grand Conseil vaudois. Le discours est reconnaissable, il est basé sur des critiques que j’ai déjà formulées pour des adversaires politiques.»

D'abord les menaces, maintenant le «deepfake»

C’est via la page Facebook «T’es d’Yverdon non censuré officiel, ici pas de bouton magique» qu’a circulé cette fausse vidéo. Elle compte plus de 7400 membres.

La page affiche, en photo de couverture, une image du trublion indépendant Ruben Ramchurn, opposé à la Municipalité. C'est Christophe Loperetti, ancien camarade de parti du candidat lorsqu'ils étaient à l'UDC, qui l'a postée. Des montages moquant Pierre Dessemontet y sont régulièrement partagés.

Yverdon, «laboratoire de trumpisation»

Ce «deepfake» apparaît comme un coup bas qui s’inscrit dans le cadre d’une campagne mouvementée. Le syndic a notamment été victime de menaces en ligne. Un suspect a été identifié.

«Lorsque vous écrivez qu’Yverdon est un laboratoire de trumpisation, c’est exactement ça, glisse Pierre Dessemontet. Le contexte s’y prête facilement à Yverdon cette année. Mais lorsque je quitterai mon poste, toutes ces attaques cesseront pour moi.»

«Je suis un poisson-pilote»

Le syndic en est certain: «je suis un poisson-pilote. Tout ce qui m’arrive va arriver à d’autres.» Et l’édile socialiste déplore cette dynamique qui phagocyte l’attention et empêche le débat démocratique.

«Quand je dois me défendre et publier des rectificatifs, je fais moins bien mon travail. Ce sont des petites choses, mais qui prennent du temps, et au final, c’est la Ville qui paie. Lorsque j’annule des séances pour me défendre, mon travail pour les citoyens est momentanément mis sur pause», constate tristement le syndic.

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