La clé contre les coronavirus?
Une nouvelle piste de traitement contre le Covid découverte à Berne

Des chercheurs de l'Université de Berne ont découvert une nouvelle approche pour lutter contre les coronavirus. La protéine Nsp1 y joue un rôle clé dans la réplication virale. Ces résultats pourraient accélérer le développement de médicaments antiviraux.
Publié: 03.04.2025 à 19:55 heures
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Dernière mise à jour: 08:05 heures
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Des chercheurs de l'Université de Berne ont découvert une nouvelle approche pour lutter contre les coronavirus.
Photo: Getty Images/Science Photo Library RF
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Daniel Macher

Pour la majorité des gens, le coronavirus n’est plus vraiment une source d’inquiétude. Les infections sont acceptées avec une certaine résignation. La maladie reste généralement bénigne – lorsqu’elle est détectée. Les autotests, autrefois essentiels en pleine pandémie, ne sont aujourd’hui pratiqués que de manière occasionnelle par les personnes infectées.

Mais le virus, qui a paralysé le monde pendant deux ans, n’a pas disparu. Les personnes à risque continuent de redouter une contamination. Le post-covid et le long-covid représentent toujours une menace bien réelle après une infection. La perspective qu’une nouvelle approche scientifique puisse renforcer la lutte contre les coronavirus est donc d’autant plus encourageante.

Une piste prometteuse

La protéine Nsp1, l’une des premières protéines virales produites dans les cellules humaines lors d’une infection par le Sars-CoV-2 ou le Mers-CoV, est aujourd’hui au centre de l’attention des chercheurs. Nsp1 manipule les cellules hôtes pour favoriser la réplication virale. «Nsp1 y parvient par deux mécanismes: d'une part, en inhibant la production de protéines propres à la cellule. D'autre part, en détruisant de manière ciblée l'ARNm propre à la cellule, qui contient les plans de construction des protéines hôtes vitales», explique le biochimiste Evangelos Karousis dans le «Tagblatt».

Selon l’Université de Berne, ces nouvelles connaissances pourraient accélérer le développement de traitements antiviraux. En cas de nouvelles vagues ou de futures épidémies de coronavirus, ces molécules seraient d’une importance cruciale.

Des travaux antérieurs avaient déjà révélé que Nsp1 incitait la cellule hôte à produire davantage de protéines virales que de protéines humaines. Les recherches actuelles viennent confirmer ce phénomène, tout en le détaillant davantage. Elles démontrent que Nsp1 agit selon deux stratégies: il bloque la production des protéines de la cellule et détruit l’ARNm cellulaire.

Il faut encore du temps

Toutefois, cette deuxième fonction – la dégradation de l’ARNm – ne s’observe pas chez tous les coronavirus. L’Université de Berne estime donc que le développement de médicaments devrait plutôt cibler l’interaction de Nsp1 avec les ribosomes humains, plutôt que la dégradation de l’ARNm.

L’étude laisse espérer la mise au point d’un traitement à large spectre, capable d’interrompre l’infection dès ses premiers stades. Evangelos Karousis précise néanmoins que «le développement d'un tel médicament prendrait plusieurs années – en fonction des progrès de la recherche sur les substances actives et du développement préclinique et clinique». La recherche en est encore à ses débuts, mais elle constitue une avancée essentielle dans la mise au point de futurs traitements contre les coronavirus.

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