De nombreux acteurs, dont le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, redoutent une guerre régionale, alors que le M23 avance dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Estimant que l'«idéologie génocidaire» fait son retour contre les Tutsis, le chef de la diplomatie rwandaise Olivier Nduhungirehe a ciblé des «discours de haine, des persécutions, des lynchages et même des actes de cannibalisme».
Ceux-ci sont «devenus tristement fréquents», a-t-il dit. Et de dénoncer des crimes contre l'humanité soutenus par les autorités congolaises qu'il accuse d'une politique de «violations systématiques» dans tout le pays. Au Sud-Kivu, les Tutsis «sont bombardés» et «font face à des persécutions sans précédent», insiste-t-il, demandant au Conseil des droits de l'homme de mettre un terme à cette situation.
7000 personnes tuées depuis début janvier
Le ministre met aussi en cause le Burundi, où des dizaines de milliers de Congolais ont fui ces dernières semaines. Il affirme que des Tutsis sont encerclés et emmenés dans des sites inconnus.
Lundi, la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka avait dit à Genève que plus de 7000 personnes ont été tuées depuis début janvier dans l'est de la RDC, dont des milliers ont été enterrées sans être identifiées. Environ 3000 d'entre elles sont décédées à Goma, reprise mi-janvier par les M23. Des centaines de milliers d'individus ont fui les affrontements.