Il n'en croyait pas ses yeux
Un journaliste reçoit par erreur des infos américaines top secrètes

Une fuite d'informations militaires secoue Washington. Le rédacteur en chef de 'The Atlantic' a été accidentellement inclus dans un groupe de discussion top secret sur des frappes au Yémen, exposant des détails sensibles sur les opérations contre les Houthis.
Publié: 24.03.2025 à 19:51 heures
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Dernière mise à jour: 25.03.2025 à 07:19 heures
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Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du magazine «The Atlantic», a assisté malgé lui à la coordination américain contre les Houthis.
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AFP Agence France-Presse

La Maison Blanche a confirmé lundi que le rédacteur en chef du magazine «The Atlantic» avait été inclus par erreur dans un groupe de discussion ultra-confidentiel de hauts responsables américains, consacré à des frappes contre les Houthis. Cette révélation constitue sans doute l'une des failles de sécurité les plus retentissantes de l'histoire militaire américaine récente. «Il semble pour l'instant que la chaîne de messages dont fait état l'article soit authentique, et nous cherchons à savoir comment un numéro a été ajouté par erreur», a indiqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale Brian Hugues.

Plus tôt lundi, le journaliste Jeffrey Goldberg a révélé dans un long article avoir reçu à l'avance, via la messagerie Signal, le plan d'attaque détaillé des raids menés le 15 mars par les Américains contre ce groupe de rebelles du Yémen. «Le ministre de la Défense Peter Hegseth m'avait envoyé le plan d'attaque» deux heures avant que les frappes ne commencent, y compris «des informations précises sur les armes, les cibles et les horaires», écrit Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du prestigieux magazine The Atlantic.

De «très forts doutes»

Le journaliste explique que tout a commencé avec une prise de contact le 11 mars émanant du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Mike Waltz, via l'application de messagerie Signal, très prisée des reporters et des responsables politiques à cause de la confidentialité qu'elle promet. 

Suit, deux jours plus tard, un message évoquant une «coordination» de l'action contre les Houthis, puis plusieurs autres communications. Jeffrey Goldberg explique que 18 personnes au total participent à cette boucle, dont, selon lui, le chef de la diplomatie Marco Rubio, le vice-président JD Vance et le patron de la CIA John Ratcliffe.

Il voit défiler, jusqu'au 15 mars, une série de messages des plus hauts responsables du gouvernement américain, jusqu'à celui de Pete Hegseth, le 15 mars, contenant des détails sur les attaques imminentes. Le journaliste dit avoir eu, jusqu'à ce que sortent les premières informations sur les frappes bien réelles, de «très forts doutes» sur la crédibilité de ce groupe de discussion. Il ajoute: «Je n'arrivais pas à croire que le conseil à la sécurité nationale du président serait imprudent au point d'inclure le rédacteur en chef de The Atlantic» dans de tels discussions confidentielles.

Trump a toujours confiance en son équipe

Malgré cette bourde, Donald Trump «continue d'avoir la plus grande confiance dans son équipe de sécurité nationale, y compris son conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz», a assuré lundi dans un court communiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Cette conversation «constitue la preuve d'une coordination profonde et réfléchie entre de hauts responsables», a tenté d'expliquer Brian Hughes.

«D'un point de vue de sécurité opérationnelle, c'est le plus grand foirage possible. Ces gens ne peuvent pas assurer la sécurité de l'Amérique», a au contraire critiqué sur X Pete Buttigieg, ancien ministre et personnalité en vue du parti démocrate.

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Donald Trump a promis «l'enfer» aux Houthis, qui ont multiplié les attaques contre le commerce maritime au large du Yémen depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza en octobre 2023. Les Houthis affirment que ces frappes américaines ont fait une cinquantaine de morts et une centaine de blessés.

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Une des réactions les plus commentées à cette fuite spectaculaire est venue d'Hillary Clinton, candidate malheureuse face à Donald Trump à la présidentielle de 2016. Le républicain l'avait attaquée sans relâche pour avoir envoyé des courriers électroniques officiels via une messagerie privée quand elle était secrétaire d'Etat. «Dites-moi que c'est une blague» a-t-elle écrit sur le réseau social X, en partageant l'article de The Atlantic.

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