Donald Trump a renvoyé des membres du Conseil de sécurité nationale (NSC) de la Maison Blanche, révèlent jeudi des médias américains, qui le disent influencé par une activiste complotiste, jugée incontrôlable, même par de fervents partisans du président.
Ce dernier a assuré, pendant un court échange avec la presse jeudi, que ces décisions n'étaient «pas du tout» liées aux conseils de Laura Loomer. Il l'a toutefois qualifiée de «grande patriote», et déclaré: «Elle fait des recommandations... et parfois j'écoute ces recommandations. Elle a toujours quelque chose à dire et c'est généralement constructif», a encore déclaré le président américain.
Une réunion confidentielle
Le «New York Times» a été l'un des premiers à faire état de la réception mercredi à la Maison Blanche de cette proche du président républicain connue pour ses sorties racistes et complotistes, invitée à une réunion avec Donald Trump et plusieurs hauts responsables.
Pendant cette rencontre, elle aurait vivement critiqué la personnalité et la loyauté de certains conseillers devant leur patron, le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz, rapporte le grand quotidien américain.
D'autres médias tels que CNN, le «Washington Post», Axios ou le «Wall Street Journal» ont fait part de cette réunion, confirmée ensuite par la principale intéressée. «Par respect pour le président Donald Trump et pour la confidentialité dans le Bureau ovale, je ne révélerai aucun détail de ma réunion», a écrit Laura Loomer sur X.
Plusieurs renvois
Elle précise avoir présenté au président ses «recherches», et avoir insisté sur «la nécessité de sélectionner de manière très rigoureuse» les membres de son équipe. La presse américaine rapporte que Donald Trump a renvoyé ou réaffecté ces derniers jours plusieurs membres du Conseil de sécurité nationale, dont certains après cette réunion.
Ce Conseil est un groupe relativement restreint de conseillers de la Maison Blanche, travaillant sur les dossiers diplomatiques et militaires les plus sensibles, directement pour le président.
«Ça va sentir le curry à la Maison Blanche»
Selon les médias américains, Laura Loomer participerait à une offensive lancée par une partie de l'entourage de Donald Trump afin d'évincer des conseillers qualifiés de «neocon» (néoconservateurs), adeptes d'une politique étrangère interventionniste, au profit de représentants d'une ligne isolationniste.
Laura Loomer avait indigné jusqu'à des trumpistes convaincus pendant la campagne électorale, en affirmant que si Kamala Harris était élue «ça (allait) sentir le curry à la Maison Blanche», en référence aux origines indiennes de la candidate démocrate malheureuse.
Celle qui se présente comme une «journaliste d'investigation» a notamment dit que le 11-Septembre résultait d'un «complot interne». Le premier mandat du républicain avait été marqué des bagarres récurrentes entre factions rivales, débouchant sur une valse de conseillers et de ministres.