Le Japon, la Corée du Sud et la Chine ont affirmé dimanche qu'ils allaient renforcer leurs coopérations «afin de créer un environnement prévisible pour le commerce et l'investissement», selon un communiqué commun après une rencontre ministérielle exceptionnelle.
Le ministre sud-coréen de l'Industrie Ahn Duk-geun, son homologue japonais Yoji Muto et le ministre chinois du Commerce Wang Wentao ont convenu de «poursuivre les discussions en vue d'accélérer les négociations vers un accord de libre-échange trilatéral complet» et «équitable», selon un communiqué commun.
Des discussions sur un tel accord ont été entamées en 2013 et ont eu lieu jusqu'en 2019, avant de marquer le pas. Elles avaient été relancées en 2024 à l'occasion d'un exceptionnel sommet tripartite réunissant les dirigeants des trois pays à Séoul.
«Environnement prévisible»
Dans l'immédiat, «nous continuerons d'œuvrer pour garantir des conditions de concurrence équitables à l'échelle mondiale afin de favoriser un environnement prévisible pour le commerce et l'investissement, libre, ouvert, équitable, non discriminatoire, transparent, inclusif», ajoute le communiqué commun. Et ce en contraste affiché avec les revirements incessants de Washington sur sa politique douanière, qui exacerbent les incertitudes pour les entreprises.
Pour les trois pays, il s'agit d'«intensifier progressivement leurs coopérations» afin «de créer un environnement commercial prévisible, stabiliser les chaînes d'approvisionnement, améliorer la communication sur les contrôles à l'exportation», insiste Séoul dans une déclaration distincte.
Plus généralement, Séoul, Pékin et Tokyo ont convenu dimanche de «collaborer étroitement» pour pousser à une réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et encourager l'adhésion de nouveaux membres au vaste Partenariat économique global régional (RCEP) réunissant la Chine et 14 pays asiatiques.
20% du commerce planétaire
A eux trois, la Chine, le Japon et la Corée du Sud représentent environ 20% de la population du globe, un quart de l'économie mondiale et 20% du commerce planétaire.
Cette réunion tripartite survient après l'application depuis mi-mars de droits de douane américains de 25% sur l'acier et l'aluminium, et à quelques jours de l'imposition à partir du 2 avril de surtaxes douanières de 25% sur les automobiles importées aux Etats-Unis.
Le Japon et la Corée du Sud représentent respectivement 16% et 15% du total des importations automobiles des Etats-Unis, un secteur majeur pour leurs économies nationales. La Chine est de son côté sous le coup d'une surtaxe douanière totale de 20% visant toutes ses exportations vers les Etats-Unis. Plane par ailleurs le spectre de droits de douane «réciproques» que Washington menace d'imposer également à partir de la semaine prochaine.