Décidément, on s'arrache la date du 14 juin, cette année. En plus des votations fédérales et de l'annuelle grève féministe, c'est également ce jour-là qu'aura lieu la manifestation de la coalition NoG7, à Genève. Souhaitant se joindre au mouvement, les collectifs féministes de plusieurs cantons romands, dont Fribourg, Neuchâtel, Vaud, Valais et Genève, s'uniront pour un seul et même cortège, également à Genève.
La grève féministe s'inscrit donc, cette année, dans une lutte contre «des politiques impérialistes, guerrières et capitalistes, traversées par des logiques racistes et patriarcales», annonce un communiqué diffusé dans la soirée du 26 avril.
Pour rappel, le sommet du G7 se déroulera du 15 au 17 juin à Evian-les-Bains (France), tout près de la frontière suisse. En présence des hauts représentants du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de l'Union européenne (qui constitue un membre à part entière), les grands thèmes abordés s'ancrent dans les «défis économiques, financiers et géopolitiques majeurs, à l'échelle globale», précise le site officiel de l'événement.
«Nous refusons leurs décisions»
Pour les collectifs féministes concernés, avec le timing flagrant du G7, le sommet devient donc le sujet principal de la grève du 14 juin 2026. «La question anti-impérialiste a toujours figuré au centre de nos luttes et de nos revendications, explique Clara, militante de la grève féministe. L’idée d’unir nos forces en rejoignant le mouvement de protestation organisé à Genève nous semblait donc couler de source. Le G7, qui représente l’impérialisme, est l’une des nombreuses incarnations du pouvoir que nous dénonçons»
Dans leur communiqué, les organisatrices affirment en effet que cette réunion sert les privilèges «d'une minorité dont le pouvoir repose sur les violences sexistes et sexuelles, les violences anti-trans et LGTQIA-phobes et les féminicides.» Appelant à une «mobilisation massive», elles entendent signifier qu'elles refusent «des décisions qu'ils prennent sans nous et contre nous».
La grève «classique» aura lieu le 13 juin à Lausanne
Notre interlocutrice tient toutefois à rassurer les personnes qui s'inquiètent de vivre une édition 2026 très différente: «Il n’y a pas qu’une seule manière d’organiser une grève féministe, souligne Clara. Il est important de se renouveler, à mesure que le système contre lequel on se bat se renouvèle. Les luttes féministes ne concernent pas uniquement le 14 juin, elles ont lieu tous les jours, toute l’année. Par contre, l’esprit collectif de mobilisation se maintient, tous les collectifs se rassembleront et la manifestation sera organisée comme d’habitude. Nous allons bientôt communiquer les lieux et horaires des départs collectifs.»
De plus, les organisatrices de la grève vaudoise affirment, sur les réseaux sociaux, qu'une manifestation aura probablement lieu à Lausanne, le 13 juin. «Cela nous tient à coeur d’organiser quelque chose à Lausanne, pour les personnes qui ne pourront pas se déplacer à Genève le 14 juin», conclut Clara. Plus d'informations devraient être communiquées prochainement.