Les informations principales sur le drame à Crans-Montana
- L'incendie s'est déclaré vers 1h30 dans le sous-sol du bar «Le Constellation».
- Bilan des autorités: 41 morts, 115 blessés dont 70 Suisses
- L'incendie est dû à un engin pyrotechnique planté sur une bouteille et à l'embrasement d'une mousse insonorisante fixée au plafond. L'enquête est toujours en cours.
Nicolas Féraud s'en prend à l'Office cantonal du feu lors de son interrogatoire
Son interrogatoire a fait la une des journaux dans toute l'Europe: Nicolas Féraud, président de la commune de Crans-Montana, a été interrogé lundi dernier par le Ministère public. Cet interrogatoire marathon a duré douze heures et visait notamment à déterminer si Nicolas Féraud était au courant de l'absence de contrôles au Constellation.
La RTS a pu consulter le procès-verbal de l'interrogatoire de Nicolas Féraud. Il en ressort que le président de la commune a vivement critiqué l'Office cantonal du feu (OCF) tout en soulignant que, selon lui, le conseil communal avait agi correctement.
Nicolas Féraud a rappelé le rôle prépondérant de l’OCF et a déclaré: «L’Office cantonal des sapeurs-pompiers était l’instance de contrôle supérieure, je suppose donc qu’il devait veiller à ce que les mesures exigées par les communes soient effectivement mises en œuvre.»
Il dédouane la Commune
L’homme de 55 ans a ajouté que l’Office cantonal du feu devait avoir connaissance des lacunes structurelles en matière de contrôle: «Ils étaient certainement conscients du manque de contrôles dans l’ensemble du canton, car il existe au moins 3'500 établissements publics, et l’OCF n’a apparemment même pas reçu un tiers des rapports sur les contrôles annuels de ces établissements», explique-t-il.
Nicolas Féraud a rejeté toute responsabilité au sein de la commune. Le conseil communal aurait toujours «suivi à la lettre» les directives, et des postes supplémentaires auraient été demandés pour la dernière fois en 2021.
À la fin de son audition, il s'est également exprimé, selon la RTS, au sujet des victimes et de leurs proches: «41 familles ont perdu un proche. 115 personnes ont été gravement brûlées. Je ne trouve pas les mots pour décrire cela. Cette tragédie inimaginable m'a marqué à jamais. Je demande pardon à toutes ces familles.»
Féraud a également déclaré avoir reçu des menaces de mort: «Ma femme et ma fille ont également été menacées. Nous vivons dans l’obscurité depuis 103 jours et nous nous sommes barricadés chez nous.» Ma collègue Natalie Zumkeller a analysé les déclarations de Féraud dans cet article et montre les contradictions dans lesquelles le président de la commune est déjà tombé depuis la tragédie.
Choquée par la facture erronée de 70'000 francs, Giorgia Meloni dénonce une insulte
Une facture de 70'000 francs a été envoyée ces derniers jours à la famille d'une des victimes de l'incendie du 1er janvier. Une somme exorbitante, d'autant plus surprenante qu'elle devait être «intégralement prise en charge par le canton du Valais», rappelait le «Corriere della Sera» ce lundi.
S'il s'agissait probablement là d'une erreur, la lettre a eu le don d'irriter la Première ministre italienne, Giorgia Meloni. Elle s'est exprimée sur les réseaux à ce sujet.
La présidente du Conseil se dit «choquée d'apprendre qu'un hôpital suisse avait envoyé des factures s'élevant à plusieurs dizaines de milliers d'euros aux familles de certains jeunes impliqués dans l'incendie». Elle évoque la facture de 70'000 francs qu'elle décrit comme «une insulte, mais aussi une véritable farce, que seule une bureaucratie inhumaine pouvait produire».
Elle assure avoir parlé à son ambassadeur qui lui a «assuré qu'il s'agissait d'une erreur et que les familles n'auront rien à payer». Elle estime qu'il serait «révoltant que de tels coûts puissent retomber sur les victimes ou sur l'Italie».
Le Valais préfinance l'aide fédérale versée aux victimes
La Confédération a mandaté le Canton du Valais pour distribuer l'aide de 50'000 francs décidée par les Chambres fédérales. Cette manne est prévue pour les 156 personnes décédées ou blessées dans la nuit du réveillon à Crans-Montana. «Les frais sont préfinancés par le canton, puis remboursés par la Confédération», a précisé l'Etat du Valais, interrogé par Keystone-ATS.
Cette stratégie ne doit rien au hasard, le canton du Valais ayant déjà effectué la même démarche auprès des victimes et de leurs familles, pour un montant de 10'000 francs qu'il a lui-même alloué.
«Les démarches de contact des victimes et des proches ont débuté cette semaine», confirme l'Etat du Valais. «Tous les ayants droit seront contactés pour les aspects administratifs, notamment pour obtenir leur accord pour le versement et afin de savoir en faveur de qui ira ce montant. Dès réception de ces informations, les décisions d’octroi pourront être rendues.»
Source: ATS
La Rega a réalisé 37 missions après le drame de Crans-Montana
En réaction au tragique incendie de Crans-Montana (VS) dans la nuit du Nouvel An, la Rega a mobilisé 8 hélicoptères de sauvetage de six cantons ainsi que ses 3 avions-ambulance. Au total, ses hélicoptères ont effectué 37 missions de transport de blessés graves tandis que les avions-ambulance ont transféré 31 personnes en Suisse et vers l’étranger.
Le premier avion-ambulance de la Garde aérienne suisse de sauvetage (Rega) a décollé dès le jour de l’An, peu après 9 heures, en direction du Valais, indique le rapport annuel 2025 publié mardi. L'alerte a été donnée par l’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS) dans la nuit du Nouvel An. Pour la Rega, les fêtes de fin d’année sont déjà d'ordinaire une période intense.
Le plan en cas d’afflux massif de grands brûlés prévoit notamment la vérification des capacités de soins intensifs des centres hospitaliers suisses ainsi que la prise de contact avec le centre des grands brûlés de Hambourg (D). Dans un second temps, des patientes et des patients ont été transférés vers des cliniques spécialisées dans toute l’Europe.
Source: ATS
Une victime italienne reçoit une facture hospitalière de près de 70'000 francs
Près de quatre mois après l’incendie de Crans-Montana survenu le soir du Nouvel An, les premières factures d’hôpital commencent à arriver aux victimes italiennes de ce sinistre. Pourtant, ces frais médicaux devraient être pris en charge par le canton du Valais.
Dans ce contexte, la famille d’une adolescente italienne de 16 ans a reçu une facture d’environ 70'000 francs suisses pour une hospitalisation de 15 heures à Sion. L’information a été révélée par le quotidien «Corriere della Sera».
«Nous avons été très surpris», a déclaré le père de famille, visiblement choqué, au journal italien. Selon lui, les autorités avaient initialement assuré que les frais médicaux des victimes seraient entièrement couverts par le canton.
La famille s’est alors tournée vers l’ambassade d’Italie à Berne. Celle-ci a contacté les autorités valaisannes, qui ont indiqué qu’il s’agirait probablement d’une erreur d’envoi. «Les proches des jeunes blessés ne doivent absolument rien», a assuré l’ambassadeur italien. On ignore encore si d’autres familles italiennes concernées par l’incendie ont reçu des factures similaires.
Des pièces remises au Ministère public ont été caviardées
Un nouvel imprévu concernant l'audition de Nicolas Féraud a été révélé dans la presse. Une partie des documents que souhaitaient obtenir les procureures a été caviardée.
L'information de la «Sonntagzeitung» a été confirmée par le Ministère public valaisan (MP), dimanche matin, à Keystone-ATS. Certains passages, notamment des noms et prénoms de personnes, qui figuraient sur certaines des pièces remises au Ministère public, ont été caviardés, avant d'être remis à la justice valaisanne.
Cette opération n'a pas été réalisée par Nicolas Féraud, lui-même, selon une source proche du dossier. Désormais, le Ministère public va devoir déterminer si ces «passages tracés au feutre noir» sont des éléments directement en lien avec l'affaire ou s'il s'agit d'actions qui n'ont pas d'intérêt dans le dossier d'instruction du drame du 1er janvier. Reprise des auditions le 11 mai.
Source: ATS
Nicolas Féraud aurait menti à la justice
Le président de Crans-Montana, Nicolas Féraud, aurait affirmé devant le parquet de Sion que la commune avait pris toutes les mesures nécessaires pour se conformer aux contrôles légaux. Des documents consultés par le Tagesanzeiger contredisent cette version. Selon ces documents, il était clair depuis des années que les ressources nécessaires à la réalisation complète des inspections requises faisaient défaut.
Dès août 2018, le responsable de la sécurité de l'époque aurait averti dans un rapport: «Malheureusement, il m'est impossible de tout faire.» Il exigeait soit un renforcement des effectifs, soit la reconnaissance de l'impossibilité de respecter les normes de sécurité incendie. Bien qu'un poste à temps partiel à 40% ait été créé, l'employé se serait révélé incompétent et aurait rapidement été licencié. Des centaines d'inspections n'auraient pas été réalisées les années suivantes.
D'après un rapport de 2021 cité par le journal, Crans-Montana n'a consacré que 1,4% d'un poste équivalent temps plein à ce domaine. A titre de comparaison, la commune de Nendaz, plus petite, employait trois personnes et celle de Monthey, cinq. Aucun plan concret pour remédier à ce manque de contrôle n'aurait été élaboré.
Par ailleurs, un incident majeur se serait produit lundi. Il semblerait que la Municipalité n’ait pas transmis tous les documents nécessaires au parquet. Un avocat représentant les victimes a déclaré au journal «Tagesanzeiger» qu’il était «choqué» que les accusés décident eux-mêmes des documents à fournir.
Source: Tagesanzeiger
Le Ministère public ne nommera pas de procureur extraordinaire
Le bureau du Ministère public (MP) du canton du Valais a refusé de nommer un procureur extraordinaire dans l'affaire de Crans-Montana. La démarche de Me Garen Ucari, agissant pour la famille d'une victime du drame, n'a pas trouvé l'écho favorable souhaité.
Le 9 février 2026, Me Garen Ucari avait requis la désignation d’un ou de plusieurs procureurs extraordinaires hors du canton du Valais pour instruire de la cause. Le bureau du Ministère public, composé des chefs des offices régionaux, a rejeté cette demande par décision du 15 avril.
«Le drame de Crans-Montana est un événement extraordinaire, avec une composante internationale, un très important retentissement médiatique pour lequel la responsabilité pénale d’élus et d’employés de l’administration cantonale ou communale peut être mise en cause. Le cahier des charges de l’Office central prévoit que ce genre d’affaires lui soit attribué», a souligné le bureau dans sa décision communiqué à la presse, jeudi. «De plus, cet office a été renforcé avec des ressources humaines supplémentaires.»
Source: ATS
Quatre inculpations supplémentaires dans l'incendie du «Constellation»
La liste des inculpés en lien avec le drame de Crans-Montana s'allonge. Ils sont désormais au nombre de treize. Quatre personnes supplémentaires seront auditionnées en mai et juin, a appris jeudi Keystone-ATS d'une source proche du dossier.
L'actuel conseiller communal en charge de la sécurité de la commune de Crans-Montana est convoqué pour le 11 mai. L'actuel adjoint au chef de service de la sécurité publique de la commune sera, lui, auditionné le lendemain, toujours au campus Energypolis à Sion.
Ancien président de la commune de Chermignon (2009-2016), Jean-Claude Savoy devra répondre le 13 mai aux questions du pool des procureures et des avocats. Enfin, l'ex-municipal en charge de la sécurité (2013-2016) est convoqué pour le 3 juin.
Quant à Jacques Moretti, gérant du bar «Le Constellation», il est reconvoqué pour le vendredi 5 juin.
Dans cette affaire, les désormais 13 prévenus doivent tous répondre d'homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence.
Source: ATS
Nicolas Féraud soupçonné de connivence avec l'ancien chargé de sécurité de Crans-Montana
Lors de son audition ce mercredi 15 avril, Kevin Barras, ancien responsable politique du Service de sécurité de la commune de Crans-Montana, a déclaré avoir reçu la visite de Nicolas Féraud, à deux reprises à son domicile, révèle la RTS.
Pour rappel, les deux hommes sont inculpés dans l'affaire pour déterminer leur éventuelle part de responsabilité dans l'absence de contrôles de sécurité dans le bar «Le Constellation» depuis 2019.
D'après Kevin Barras, député-suppléant PLR au Grand Conseil valaisan, il s'agissait de visites de courtoisie et de soutien. Néanmoins, plusieurs avocats contactés par la RTS redoutent que les deux suspects en aient profité pour accorder leurs versions des faits et les soupçonnent de connivence.
Jean-Daniel Clivaz, témoin clé: «Je présente mes excuses à Jessica Moretti»
Témoin clé dans l’affaire de l’incendie de Crans-Montana, l’hôtelier et président de Crans-Montana Tourisme, Jean-Daniel Clivaz, est revenu sur ses déclarations concernant la nuit du drame. Dans un communiqué, il présente ses excuses à la gérante de bar Jessica Moretti pour des informations erronées.
Selon le document rédigé par Jean-Daniel Clivaz, la chaîne italienne Quarta Repubblica avait diffusé mi-janvier un reportage affirmant que Jessica Moretti avait fui «le Constellation» avec la caisse sous le bras le soir de l’incendie. Dans sa lettre, que Blick a pu consulter, le témoin écrit que cette accusation lui a été attribuée.
«Je regrette profondément de ne jamais avoir démenti cette déclaration qui m’a été attribuée. Cette fausse information, que j’ai relayée dans ce contexte, a eu un écho mondial, ce que je déplore», écrit Jean-Daniel Clivaz. «Je présente mes excuses à Jessica Moretti pour avoir injustement porté atteinte à sa réputation et à son intégrité.»
Il y a deux semaines déjà, Jean-Daniel Clivaz était revenu sur ses propos concernant Jacques Moretti. Le 30 mars, il avait reconnu ne jamais avoir échangé avec lui ni l’avoir mis en garde contre les dangers de la mousse insonorisante utilisée pour le plafond du bar. Il avait pourtant affirmé auparavant l’avoir alerté sur ce matériau.
Un autre prévenu auditionné par la justice
Un membre de l’équipe de sécurité publique actuelle de la commune de Crans-Montana a été auditionné vendredi à Sion. L'homme a répondu aux questions du pool de procureures en charge de l'enquête de l'incendie du 1er janvier dans la station.
A l'instar de l’adjoint de l'ex-chef du service de sécurité de la commune (2020-2024) jeudi, le septième des neuf prévenus auditionnés a choisi de collaborer dans l'enquête de l'incendie du bar «Le Constellation». Son rendez-vous a débuté à 8h30.
Deux auditions figurent encore à l'agenda, la semaine prochaine: celle du président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, lundi 13 avril et celle de l'ancien conseiller communal en charge de la sécurité publique, entre 2021 et 2024, le 15 avril.
Mercredi, l'ex-responsable de la sécurité en protection incendie de l'alors commune de Chermignon avait choisi d'user de son droit de ne pas répondre aux questions, n'ayant pas eu accès au dossier avant son audition, selon son avocat Me Fabien Mingard.
Source: ATS