Marc Rochat évoque son départ à la retraite
«Jusqu'à la dernière seconde, je ne savais pas si j'allais le faire»

Deux mois après avoir annoncé sa retraite lors des Championnats suisses, Marc Rochat revient sur une décision mûrie de longue date. Entre douleurs chroniques et sérénité retrouvée.
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Marc Rochat a mis un terme à sa carrière lors des Championnats suisses à Saint-Moritz.
Photo: keystone-sda.ch
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Yara Vettiger

L’idée de mettre un terme à sa carrière le travaillait depuis longtemps. Deux mois après avoir annoncé sa retraite lors des Championnats suisses, Marc Rochat (33 ans) raconte pourtant que sa décision est restée incertaine jusqu’au bout. «Je ressentais depuis plusieurs années déjà que cela devenait toujours plus difficile physiquement et mentalement. C’était un va-et-vient permanent.»

C’est précisément ce qui a rendu ce moment si particulier lors des Championnats suisses de Saint-Moritz. «Je ne le savais pas jusqu’à la dernière seconde. J’ai simplement attendu mon ressenti», explique l'ex-spécialiste du slalom. Une seule personne se trouvait dans la confidence: son épouse Caroline. «Je lui avais dit avant: peut-être que je prendrai ma retraite là-bas, peut-être pas.» Lorsqu’il a finalement annoncé son retrait de la compétition, rien n’avait été planifié à l’avance. La décision s’est imposée à lui sur le moment. «Mon ressenti m’a simplement dit: c’est le moment. C’est toujours ce que j’écoute.»

Crans-Montana, un objectif qui restera inachevé

Le grand rêve était pourtant encore devant lui: les Championnats du monde à domicile de 2027 à Crans-Montana. «Cela a toujours été un immense objectif pour moi. Mais j’ai réalisé que l’énergie que j’aurais dû investir pour une saison supplémentaire était tout simplement trop importante.»

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Des mois compliqués l’attendaient également sur le plan financier. En tant qu’athlète de plus de 30 ans et au vu de ses résultats de l’hiver dernier – une 24e place à Adelboden comme meilleur résultat et une seule autre qualification pour une deuxième manche en dix slaloms –, il aurait perdu son statut au sein des cadres de Swiss-Ski.

Son corps, lui aussi, avait fini par lui envoyer des signaux sans équivoque. Rochat évoque sans détour la face cachée de sa carrière. Il a subi six opérations du genou. «Depuis huit ans, je n’ai pas connu un seul jour sans douleur. Ni dans la vie quotidienne, ni en compétition.» Parfois, les difficultés se manifestaient dans les gestes les plus simples. «Le matin, je pouvais à peine enfiler mes chaussettes, et quelques heures plus tard, tu dois être au départ et être performant.»

Le bronze mondial comme sommet émotionnel

Sur le plan sportif, la consécration suprême lui a toujours échappé. Rochat n’est jamais monté sur un podium de Coupe du monde. Au cours de sa carrière, il a toutefois signé onze places dans le top 10 et terminé à deux reprises au pied du podium, au quatrième rang. Le plus grand moment de sa carrière est arrivé en 2025, lors des Championnats du monde de Saalbach. Avec Stefan Rogentin, le Vaudois a décroché la médaille de bronze du combiné par équipes et contribué au triplé historique réalisé par la Suisse.

«C’était certainement le plus beau moment de ma carrière. Cette semaine à Saalbach a été incroyable. Cela donne un sens à toute ta carrière.» Aujourd’hui, Rochat assure être en paix avec son parcours. Y compris avec le fait de n’avoir jamais atteint les sommets de la discipline. «J’ai vécu tout ce que je voulais vivre. Je ne changerais rien.»

C’est précisément pour cette raison qu’il estime avoir pris la bonne décision. «Je n’ai plus rien à prouver à personne, même pas à moi-même. J’ai eu une magnifique carrière, et j’en suis fier.»

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