«Cela ne peut pas continuer»
Un entraîneur suisse alerte sur les problèmes du super-G

Le super-G devient de plus en plus l'enfant terrible du ski alpin. Un entraîneur de Swiss-Ski tire la sonnette d'alarme et livre des propositions d'amélioration pour la discipline.
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En 2008, le Grison Renzo Valsecchi faisait partie du cadre C de Swiss-Ski, en tant que jeune skieur.
Photo: NordicFocus
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Marcel W. Perren

Le Grison Renzo Valsecchi est un entraîneur expérimenté du groupe suisse de géant. Son athlète phare, Marco Odermatt, affiche un palmarès impressionnant avec 17 victoires en Coupe du monde, quatre globes de cristal et un titre mondial en super-G. Pourtant, Renzo Valsecchi tire la sonnette d’alarme sur l’évolution de la discipline.

«Les inventeurs ont appelé cette discipline Super-Giant, car il s’agirait d’un géant avec plus de vitesse. Mais aujourd’hui, beaucoup de courses ressemblent à des descentes déguisées. Cet hiver, à Kitzbühel, on a même enregistré des vitesses supérieures à celles de la descente. Cela ne peut pas continuer ainsi», estime-t-il.

Rapprocher super-G et géant

Selon lui, des spécialistes de la technique comme Thomas Tumler ou Luca Aerni devraient aussi pouvoir rivaliser en super-G. Or, la discipline est devenue trop rapide, favorisant largement les descendeurs, d’autant plus qu’un entraînement de descente précède souvent les courses.

Deux exceptions cet hiver: à Copper Mountain (victoire de Marco Odermatt), un géant était aussi au programme, et à Livigno (succès de Marco Schwarz), aucun entraînement de descente n’avait eu lieu. «À Livigno, Loïc Meillard a terminé dans le top 7, ce qui aurait été difficile avec un entraînement de descente préalable», souligne Renzo Valsecchi.

Il propose donc de rapprocher davantage le super-G du géant dans le calendrier de la Coupe du monde de ski alpin. Par exemple, ajouter un super-G à Sölden en ouverture de saison, ou combiner géant et super-G à Bansko.

L'avis des athlètes suisses

Qu'en pensent nos athlètes de haut niveau? «Le super-G devrait être un mélange de slalom géant et de descente. Mais ces dernières années, nous avons effectivement eu beaucoup plus de super-G qui faisaient penser à une descente. Je ne dis pas qu'il ne devrait plus y avoir de super-G rapides en Coupe du monde. Mais le calendrier devrait comporter autant de super-G exigeants sur le plan technique», explique la star Marco Odermatt.

«Un super-G doit comporter de vrais virages. Or, cet hiver en particulier, cela a été beaucoup trop rarement le cas», ajoute Justin Murisier. Le Valaisan détaille: «Copper Mountain était bien, Beaver Creek aussi. Mais Gröden et Wengen n'étaient pas de bons super-G. À Kitzbühel, la vitesse était extrêmement élevée. Il n'est vraiment pas nécessaire de franchir la barre des 140 km/h dans cette discipline.»

Franjo von Allmen a remporté sa troisième médaille d'or olympique en février lors d'un super-G très rapide à Bormio. Le skieur de 24 ans est partagé dans cette discussion: «Personnellement, j'aime les super-G rapides. En même temps, je trouverais intéressant que cette discipline devienne plus technique.»

Marco Odermatt pense aussi à Cortina

Le problème: sur de nombreuses pistes, les traceurs n'ont pas d'autre possibilité que de placer le super-G sur le même départ qu'une autre course. Ce fait plaide tout particulièrement en faveur de la proposition de Renzo Valsecchi, à savoir que le super-G et le géant soient plus souvent disputés au même endroit. «Outre Bansko, on pourrait à mon avis aussi très bien combiner le géant et le super-G à Cortina», constate Marco Odermatt.

Après la descente de samedi, le dernier super-G de l'hiver est programmé dimanche à Kvitfjell. Il y a fort à parier que ce final comportera lui aussi peu de difficultés techniques, mais beaucoup de vitesse.

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