Que l'on soit clair au début de cette analyse. Si j'étais forcé de parier un pécule sur le vainqueur du tournoi olympique, je le placerais probablement sur le Canada. C'est le choix de la raison. Une équipe qui compte dans ses rangs Connor McJesus aka Connor McDavid ne peut qu'être favorite, non? Certes.
Mais ne résumer le tournoi olympique à une balade italienne des Canadiens serait une grave erreur. Pour moi, une équipe doit être regardée avec le même sérieux: les États-Unis. Et pourtant, si vous demandez à 100 fans de hockey qui est le grand favori du tournoi, je pense que 90% vous répondront le Canada. Je vais vous aider à avoir une autre perspective tout en gardant en tête que ce tournoi s'annonce à la fois fantastique est extrêmement serré.
La problématique des gardiens canadiens
Je n'irai pas jusqu'à comparer ce souci canadien avec celui des Anglais lors de chaque tournoi important en foot. Mais la tentation est présente. À la question de savoir qui est le gardien titulaire du Canada lors du tournoi à venir, plusieurs familles sont en train de se déchirer dans le Manitoba. Malgré la victoire finale (on y reviendra), les prestations de Jordan Binnington n'ont de loin pas rassuré l'an dernier lors du 4 Nations. Avec 86,6% d'arrêts, le gardien des Saint-Louis Blues vit une saison chaotique. Alors qui sera le gardien? Logan Thompson ou Darcy Kuemper? Dans les deux cas, il y a de quoi être inquiet.
La profondeur américaine est un problème
Bien sûr, personne d'autre que les Canadiens peuvent se targuer de posséder dans ses rangs un joueur comme Connor McDavid, voire un Nathan MacKinnon ou un Macklin Celebrini. Ce n'est évidemment pas un avis franchement controversé. Et derrière? C'est justement là où cela peut devenir intéressant. Parmi les joueurs présents à Milan, 19 Américains ont déjà franchi la barre des 30 points depuis le début de saison en NHL. Parmi eux, les Brady Tkachuk et Jack Hughes avec seulement 35 matches de joués. Côté canadien, ils ne sont «que» 16. Oui, la profondeur américaine est plus impressionnante.
En défense, le Canada n'impressionne pas autant
Ils ne sont que deux défenseurs à la feuille d'érable à avoir franchi la barre des 40 points en NHL cette saison: Cale Makar (évidemment) et Josh Morrissey. Tous les autres se situent entre 13 et 26 unités à leurs compteurs. Avec Zach Werenski, meilleur compteur du 4 Nations, les Américains possèdent déjà une rampe de lancement de premier plan. Mais ce n'est pas tout. Les Quinn Hughes, Jake Henderson et Charlie McAvoy n'ont pas à rougir face aux arrières canadiens.
Les Américains n'ont rien à envier au Canada
Quiconque a assisté à la dernière finale du Mondial à Stockholm (personne ne sait où c'est, comme Alésia) en est convaincu: la génération américaine est dorée. Et des joueurs champions du monde, certains sont également présents à Milan. On peut évidemment penser à Zach Werenski ou l'auteur du game winning goal, Tage Thompson. Le gardien Jeremy Swayman sera également de la partie. Avec 14 joueurs âgés de moins de 28 ans, les Américains peuvent également se targuer d'avoir une équipe jeune et talentueuse. Sur ce plan, les Canadiens sont clairement à la ramasse puisque 14 joueurs ont déjà fêté leurs 30 ans.
Souviens-toi l'hiver dernier
Le 20 février 2025, le Canada a remporté la finale du 4 Nations 3-2 après prolongation sur un but de... Connor McDavid, évidemment. Mais ce résultat en dit davantage sur la qualité de l'opposition que sur la faculté des Canadiens a gagner des matches importants. L'hiver dernier, les États-Unis ont prouvé - et se sont peut-être prouvé aussi - qu'ils étaient en mesure de battre le Canada. Alors, vont-ils, cette fois-ci, passer l'épaule?