Lorsque Roger Rönnberg a fanfaronné qu’il savait déjà où il allait fêter le titre de champion de Suisse, tout le monde s’est foutu de lui. Il faut dire que l’entraîneur suédois, jamais avare de bon mot, avait placé la barre haute. Au moment où l’on reprend un club connu pour son armoire à trophée vide (hormis une Coupe Spengler), la phrase ne peut que faire rire.
Douze mois plus tard, «RR» passe pour un prophète au moment où il a permis aux Dragons de triompher pour la première fois de son histoire. Il aura droit à la fête dont il a rêvé devant la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg. Quelle transformation pour le Dragon depuis son arrivée voici douze mois seulement.
La pression de l'an II
Mais comme rien n’est jamais linéaire tant dans la vie que dans le sport, il serait faux de prétendre désormais que les Dragons vont gagner dans les années à venir à coup sûr. «Quand on veut être sûr de son coup, on plante des navets», comme le dirait le Roi Loth de la célèbre série Kaamelott.
Surtout, Roger Rönnberg va désormais devoir faire avec la pression de l’an II et le risque d’usure qui plane sur la tête de tout entraîneur. Pour sa première année, il est parvenu à imposer sa patte en mode «marche ou crève», avec parfois ce sous-texte: «qui m’aime me suive». Et cela ne s’est pas fait sans anicroches tant il peut friser parfois le dogmatisme. Le préparateur physique, Simon Holdener, va s’en aller, car il n’avait pas les mêmes visions que le big boss. Le héros du titre, Lucas Wallmark, malgré un contrat valable, a également préféré quitter la BCF Arena au terme de cette saison.
Pari gagnant
Roger Rönnberg n’est pas là pour gagner un concours de popularité, du moins pas dans le vestiaire. Il est là pour gagner des titres. Et il a déjà commencé la moisson. Ces frictions ne sont, en un sens, pas graves. Elles font partie de la vie d’une entreprise. Et ce n’est pas anormal que la méthode Rönnberg puisse avoir heurté certaines sensibilités. En l’engageant, le directeur Gerd Zenhäusern voulait justement changer la culture de son club pour y injecter une faim de victoire que le club n’avait probablement plus connue depuis longtemps.
Un changement de façon de travailler pour un changement de dimension. Pour l’heure, le Haut-Valaisan paraît avoir mis son club dans la bonne direction. Les jeunes joueurs semblent vouloir travailler avec Roger Rönnberg. D’attractif, Fribourg Gottéron est devenu une adresse prisée. Une place forte. Le pari était risqué, mais il est gagné.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | HC Davos | 52 | 71 | 117 | |
2 | HC Fribourg-Gottéron | 52 | 46 | 100 | |
3 | Genève-Servette HC | 52 | 15 | 91 | |
4 | ZSC Lions | 52 | 32 | 91 | |
5 | HC Lugano | 52 | 30 | 89 | |
6 | Lausanne HC | 52 | 18 | 85 | |
7 | Rapperswil-Jona Lakers | 52 | -4 | 81 | |
8 | EV Zoug | 52 | -19 | 75 | |
9 | SC Berne | 52 | -10 | 68 | |
10 | EHC Bienne | 52 | -22 | 67 | |
11 | SCL Tigers | 52 | -7 | 64 | |
12 | EHC Kloten | 52 | -26 | 63 | |
13 | HC Ambri-Piotta | 52 | -49 | 59 | |
14 | HC Ajoie | 52 | -75 | 42 |

