Pour la deuxième fois de l’année seulement, Tadej Pogacar a été battu. Mardi, le Slovène a terminé sixième du prologue du Tour de Romandie, à 7.17 secondes du vainqueur du jour: le rafraîchissant Dorian Godon.
Après la course, le Français ne s’est pas ému outre mesure d’avoir mis Tadej Pogacar dans son rétroviseur. «Ce n’est jamais simple de gagner sur le World Tour. Ce sont souvent les mêmes qui gagnent, a simplement déclaré le Lyonnais. Après, ça reste un effort personnel. J’ai dû prendre bien plus de risques que lui dans les virages. Je suis un peu fou.»
Révélation du Tour de Romandie 2024
Cette année, Dorian Godon est entré dans la catégorie de ceux qui gagnent souvent sur le World Tour, puisqu’il a déjà signé une victoire d’étape sur Paris-Nice et deux sur le Tour de Catalogne. Une nouvelle tête d’affiche qui a percé sur le tard (il a 29 ans), la faute (si c'en est une) à des études de physio menées à bien. «J’ai pas mal privilégié les études, je n’ai pas fait le même volume. Là, ce sont mes plus belles années, j’ai plus de caisse. Chaque année, je progresse et j’espère continuer», explique le champion de France 2025 sur route.
Il y a deux ans, Dorian Godon s’était déjà révélé sur le Tour de Romandie, remportant deux étapes. «C’était un déclic, mes deux premières victoires en World Tour. Depuis, il y en a eu d’autres. Je suis capable de belles choses, de performer à haut niveau», déclare-t-il.
Tous les maillots en trois kilomètres
Depuis le début de l'année, le natif du Val-de-Marne court pour Ineos, une équipe exposée et ambitieuse. «Tout le monde est content de moi. Je suis quelqu’un de simple dans la vie, ça s’est fait naturellement. Toute l’équipe me donne confiance. Dès les premières courses, ils étaient derrière moi et avaient conscience de mon potentiel», expose-t-il.
On en a vu l'étendue mardi, sur ce parcours nerveux de 3.2km à Villars-sur-Glâne. Le Français avait coché ce prologue depuis un moment déjà. «Dès que j’ai vu le parcours, j’ai un peu serré les fesses. Je n’aurai pas beaucoup d’opportunités au sprint, il y a beaucoup de montagnes», concède celui qui pourrait encore avoir une chance lors de la troisième étape. En attendant, il se satisfait de sa razzia du jour, maillot jaune sur les épaules: «Aller chercher tous les maillots distinctifs en ne faisant que 3km, c’est quand même cool!»