Ce cycliste a vécu l'horreur
«Dis à notre enfant que je l'aime»

Le cycliste professionnel Damien Touzé s'est gravement blessé lors d'une chute en février. Le Français a craint pour sa vie à Oman dans des conditions très précaires. Il raconte aujourd'hui les moments d'angoisse qu'il a vécus.
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Le cycliste professionnel Damien Touzé a subi de graves blessures lors d'un accident en février.
Photo: IMAGO/Buzzi
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Gian-Andri Baumgartner

Un accident, une opération dans l’urgence, des conditions médicales choquantes et un appel d’adieu glaçant: ce qu’a vécu Damien Touzé lors du Tour d'Oman relève du cauchemar.

En février, lors de la quatrième étape, le Français de 29 ans chute lourdement. Le diagnostic est grave: rupture de la rate, opération immédiate. Mais plus encore que l’accident, ce sont les circonstances qui vont marquer durablement le coureur.

«Le médecin de l’équipe a été honnête avec moi en me disant que je ne me réveillerais peut-être jamais», confie-t-il deux mois plus tard dans «L'Équipe». Avant de passer sur la table d’opération, il reçoit un conseil glaçant: appeler sa compagne. «J’ai donc pris mon téléphone et je lui ai dit au revoir.»

À l’autre bout du fil, le choc est total. Sa partenaire n’était même pas au courant de la chute. «Il m’a dit: 'Je vais mourir. Dis à notre enfant que je l’aime.'»
Une nuit d’angoisse absolue s’ensuit. «J’ai commencé à penser que je devrais élever mon enfant toute seule.»

«Mes organes touchaient la peau»

L’horreur ne s’arrête pas là. Sur place, les conditions médicales sont précaires. Dans un premier centre, aucun appareil de radiographie n’est disponible. «Ils ne pouvaient rien faire d’autre que quelques points de suture à la cuisse», raconte Touzé.

Même dans un hôpital plus important, les soins laissent à désirer. Il décrit des gestes brutaux, réalisés sans moyens adaptés. Un infirmier aurait notamment pratiqué une incision… avec des ciseaux.

Le pire est découvert après son retour en Europe: la paroi abdominale n’a pas été correctement refermée. «Mes organes reposaient directement sous la peau. Quand ils m’ont planté les ciseaux dans le ventre, ils les ont touchés. C’était comme des coups de couteau.»

Un avenir incertain

Depuis, le coureur a pu regagner sa région natale, à la frontière franco-belge. Mais son avenir sportif reste incertain.

«Même si je prolonge mon contrat, je ne courrai pas avant mars», explique-t-il. Dans un cyclisme où les engagements se décident de plus en plus tôt, l’incertitude est totale. «Revenir sans avoir le niveau ne correspondrait pas à mes attentes.»

À 29 ans, Damien Touzé pourrait être contraint de prendre une décision majeure… sans même savoir s’il pourra un jour remonter sur un vélo.

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