Donald Trump s'en est pris mercredi à Emmanuel et Brigitte Macron lors d'un déjeuner privé, faisant suite à une série de remontrances contre les dirigeants de pays de l'OTAN, à qui il reproche de ne pas prendre part à la guerre contre l'Iran. «Macron, dont la femme le traite extrêmement mal... il se remet encore du coup de poing qu'il a pris à la mâchoire», a déclaré le président américain dans une vidéo postée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche qui en a ensuite fermé l'accès.
Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale de mai montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage du président français dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup. Emmanuel Macron a réagi jeudi depuis Séoul à ces propos, les jugeant .«ni élégants ni à la hauteur». Et de conclure de laconiquement: «Ça ne mérite pas de réponse.»
La classe politique française condamne
La classe politique française était, elle aussi, indignée jeudi matin par cette nouvelle déclaration irrespectueuse du président américain.«Franchement, c'est pas au niveau (...) On est en train de parler de l'avenir du monde, en ce moment en Iran, ça a des conséquences sur la vie de millions de personnes, des gens meurent sur les théâtres d'opérations et on a un président (américain) qui rigole, qui se moque des autres», a réagi sur franceinfo la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
«Vous connaissez l'ampleur de mes désaccords avec le président de la République, mais que Donald Trump se permette de lui parler comme ça et de parler comme ça de son épouse, je trouve ça absolument inacceptable», a réagi le coordinateur de la France insoumise (gauche radicale), Manuel Bompard, sur BFMTV.
Pas d'aide dans le Golfe
Donald Trump a aussi affirmé avoir demandé au chef de l'Etat français un soutien militaire dans le Golfe: «J'ai dit: 'Emmanuel, on aimerait bien avoir un peu d'aide dans le Golfe, même si on bat tous les records en matière d'élimination des méchants et de destruction de missiles balistiques'».
Puis, imitant son homologue avec un accent français: «'Non, non, non... on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée'». Emmanuel Macron est dans le collimateur de Donald Trump, qui lui reproche notamment de ne pas avoir autorisé le survol du territoire français dans le cadre de la guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février.
«Tigre de papier»
Plus généralement, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan cette semaine, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de «TIGRE DE PAPIER» et de «LACHE». Les Etats-Unis «s'en souviendront», avait-il déjà déclaré en Conseil des ministres.
Mardi, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, avait remis en cause comme jamais le lien transatlantique avec l'Otan, déclarant que les Etats-Unis devaient «réexaminer» leurs relations avec l'alliance militaire une fois la guerre contre l'Iran terminée.