Quatorze sont mortes dans l'effondrement d'un immeuble à Tripoli (nord du Liban) selon un dernier bilan rendu public. Les opérations de recherche sont terminées, a annoncé lundi le chef de la Défense civile. Il s'agit de la deuxième catastrophe de ce type en quelques semaines à Tripoli, ville où de nombreux édifices sont encore considérés à risque après un puissant séisme dans la région en février 2023.
Le bâtiment, ancien, se trouvait dans le quartier pauvre de Bab al-Tabbaneh, où les forces de sécurité ont évacué les immeubles voisins par précaution, a indiqué l'Agence nationale d'information (ANI). Le chef de la Défense civile, Imad Khreish, a indiqué à la presse locale que neuf personnes avaient été tuées dans l'écroulement, survenu dimanche, et que six personnes secourues avaient été conduites à l'hôpital.
Le bâtiment comprenait deux blocs, chacun constitué de six appartements, et quelque 22 personnes se trouvaient à l'intérieur au moment de l'effondrement, a-t-il ajouté. En pleine nuit, des équipes de secouristes travaillaient au milieu des décombres de l'immeuble, tandis que des ambulances étaient stationnées à proximité, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des bâtiments construits illégalement
«Nous déclarons Tripoli ville sinistrée» en raison de l'insécurité de ses bâtiments, a annoncé le maire de Tripoli, Abdel Hamid Karimeh. Le président libanais Joseph Aoun a demandé la mobilisation de tous les services d'urgence pour fournir notamment «un abri aux résidents de l'immeuble ainsi qu'à ceux des bâtiments voisins qui ont été évacués», a indiqué son bureau dans un communiqué.
Le Premier ministre Nawaf Salam a pour sa part dénoncé dans un communiqué une «catastrophe», qu'il a attribuée à «de longues années de négligence accumulée». Fin janvier, un autre immeuble de Tripoli s'était effondré, causant des morts.
Le Liban compte de nombreux bâtiments délabrés. Beaucoup d'immeubles ont été construits illégalement, notamment pendant la guerre civile de 1975-1990, tandis que certains propriétaires ont ajouté des étages à des bâtiments sans autorisation.
En 2024, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International estimait que «des milliers de personnes» vivaient encore dans des bâtiments à risque à Tripoli, plus d'un an après un puissant séisme ayant surtout frappé la Turquie et la Syrie. Elle précisait que la crise économique persistante privait «les habitants des moyens de financer des réparations ou un autre logement» et exhortait les autorités à «évaluer d'urgence la sécurité des bâtiments dans tout le pays».