Donald Trump s'est violemment emporté mardi contre Giorgia Meloni. Le président américain a reproché à la cheffe du gouvernement italien de ne pas le soutenir dans la guerre en Iran et a déclaré qu'elle n'avait «aucun courage».
Ces tensions entre Rome et Washington découlent des déclarations de Giorgia Meloni pour défendre le pape, après la diatribe de Donald Trump contre le souverain pontife. La Première ministre italienne a évoqué des propos «inacceptables», ce à quoi le président américain a répondu: «Je suis vraiment choqué par elle».
«Je m'y attendais»
Giorgia Meloni a renoncé à réagir directement après l'attaque. Et ses porte-parole ont tenté d'apaiser les tensions. «Ce n'est pas la fin du monde. Nous avons simplement dit ce que nous pensions», a déclaré l'un d'entre-eux, cité par le «Corriere della Sera». Selon «La Repubblica», Giorgia Meloni aurait en outre déclaré après la publication de l'interview: «Je m'y attendais».
Le pape revêt une importance particulière pour les Italiens. «Les Américains ne comprennent pas que le pape n'est pas seulement le chef de l'Eglise catholique, mais qu'il joue également un rôle particulier pour les Italiens», a déclaré Giorgia Meloni, citée par le «Corriere della Sera». «Le gouvernement italien n'a d'autre choix que de défendre ce rôle.»
Vive réactions en Italie
Lors d'une intervention à Vérone, la Première ministre avait déjà été clair: «Ce n'est pas la politique étrangère de Giorgia Meloni, mais la politique étrangère italienne des 80 dernières années. Les alliances entre les nations ne changent pas en fonction de qui gouverne. Si je ne suis pas d'accord, je le dis. Notre orientation géopolitique est européenne et occidentale – le président Mattarella l'a souligné dans son discours du Nouvel An, et je suis d'accord avec lui».
Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, et le ministre de la Défense, Guido Crosetto, ont diffusé des messages quasi identiques sur les réseaux sociaux après les attaques de Trump. Les intérêts nationaux et les objectifs stratégiques de l'Italie sont au centre de leurs préoccupations. La dirigeante de l'opposition italienne, Elly Schlein, soutient également la Première ministre: «Personne n'a le droit de menacer notre gouvernement».
Efforts diplomatiques
Les tensions avec les Etats-Unis interviennent à un moment délicat. Quelques heures seulement avant les critiques de Trump, Giorgia Meloni a suspendu la coopération militaire avec Israël – malgré les relations historiquement étroites entre Rome et Tel Aviv. Une mesure inhabituelle qui a suscité des réactions mitigées au sein de son gouvernement.
Désormais, Italiens et Américains seraient en contact pour tenter de calmer le jeu.