Les prix déjouent les prévisions
L'inflation accélère au Japon tirée par la hausse des prix alimentaires

Au Japon, l'inflation a accéléré en mars à +1,8% sur un an, dépassant les prévisions. Cette hausse est tirée par l’alimentation, tandis que les prix de l’énergie reculent grâce à des allègements fiscaux malgré les tensions au Moyen-Orient.
L'inflation était tombée à 1,6% en février, son plus bas niveau depuis 2022. (Image prétexte)
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ATS Agence télégraphique suisse

L'inflation au Japon a connu un sursaut en mars, une accélération provoquée par le fort renchérissement des produits alimentaires tandis que les prix de l'énergie refluaient malgré le conflit au Moyen-Orient grâce à des rabais fiscaux. Les prix à la consommation dans l'archipel (hors produits frais) ont augmenté le mois dernier de 1,8% sur un an, selon des chiffres officiels publiés vendredi, davantage qu'attendu en moyenne (+1,7%) par les analystes sondés par Bloomberg.

L'inflation était tombée à 1,6% en février, son plus bas niveau depuis 2022, bénéficiant pleinement d'une suppression de la taxe sur les carburants mise en place en décembre. Un dispositif qui continue de porter ses fruits: les prix de l'énergie ont chuté de 5,7% sur un an en mars, ceux de l'essence dégringolant même de 5,4%, en dépit de la flambée des cours du pétrole brut sur les marchés mondiaux suite au conflit au Moyen-Orient débuté fin février.

A l'inverse, les prix des produits alimentaires (autres que les produits frais) ont grimpé de 5,2% sur un an, après une hausse de 5,7% en février. En excluant à la fois les produits frais et l'énergie, l'inflation s'élève à 2,4% (contre 2,5% en février), se maintenant très au-delà de la barre des 2% fixée par la Banque du Japon (BoJ).

Une politique monétaire ultra-accommodante

La BOJ avait pronostiqué fin mars un ralentissement «temporaire» de l'inflation, mais prédit qu'ensuite, «le rythme de progression (de l'inflation) devrait être tiré à la hausse, subissant l'impact de la récente augmentation des cours du pétrole brut». L'archipel, longtemps guetté par la déflation, est confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2%. Pour l'endiguer, la BoJ a entamé en mars 2024 un resserrement de ses taux, après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante.

Face à la flambée du coût de la vie et à la faiblesse chronique du yen, la banque centrale a déjà relevé mi-décembre son taux directeur au plus haut niveau depuis 1995, à 0,75%. Sa prochaine décision de politique monétaire, la semaine prochaine, sera scrutée dans le contexte du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis.

Le Japon dépend du Moyen-Orient pour environ 95% de ses importations de pétrole. La circulation dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le pétrole du Golfe, est drastiquement limitée depuis le début du conflit fin février. Face à l'embardée de l'inflation, la Première ministre Sanae Takaichi a adopté fin 2025 un plan de relance de 107,5 milliards de francs pour aider ménages et entreprises, tout en procédant à des subventions et rabais fiscaux sur l'énergie.

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