«Homicide volontaire»
Mort de Quentin Deranque: deux suspects sont inculpés

Deux suspects sont inculpés pour homicide volontaire après la mort du militant Quentin Deranque. Un assistant parlementaire LFI est poursuivi pour complicité dans cette affaire sensible.
Le procureur de Lyon Thierry Dran a demandé le placement en détention provisoire des sept suspects (image d'illustration).
Photo: MARTIAL TREZZINI
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ATS Agence télégraphique suisse

Deux des suspects dans la mort d'un militant nationaliste en France ont été inculpés pour «homicide volontaire» a annoncé la justice, et un troisième, assistant parlementaire d'un député de gauche radicale, l'a été pour «complicité», dans une affaire qui a donné lieu à une passe d'armes entre la France et l'Italie. Quatre autres suspects doivent encore être présentés aux juges d'instruction dans la soirée, a précisé le procureur de Lyon (Sud-Est), Thierry Dran, à l'AFP

L'assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault a été placé en détention provisoire jeudi soir après sa mise en examen pour complicité, a déclaré à la presse son avocat. Le chef retenu «confirme» que Jacques-Elie Favrot «n'a pas donné de coups directs susceptibles d'avoir causé le décès», a ajouté Me Bertrand Sayn dans le tribunal judiciaire de Lyon.

Pas d'intention?

Quentin Deranque, 23 ans, est décédé samedi d'un grave traumatisme crânien. Deux jours plus tôt, au cours d'une «bataille rangée» entre «membres de l'ultragauche et de l'ultradroite», selon une source proche du dossier, le jeune homme s'est retrouvé isolé. Jeté au sol, il avait été frappé à coups de pied, notamment à la tête, par «au moins six individus» masqués et cagoulés.

Le procureur de Lyon avait indiqué un peu plus tôt requérir le placement en détention provisoire des sept suspects en raison notamment du «risque de trouble à l'ordre public». Ces derniers «contestent l'intention homicide», selon lui, même si «certains admettent avoir porté des coups» à Quentin Deranque «ou à d'autres victimes».

Trois proches du député LFI

Le jeune militant nationaliste avait été frappé le 12 février par plusieurs personnes, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis qui manifestaient contre la venue de l'élue.

Sur les onze personnes interpellées dans l'affaire, trois hommes et une femme qui étaient soupçonnés d'avoir aidé les autres à se cacher, ont été remis en liberté jeudi, selon le procureur. Qui a ajouté que «l'identification des personnes présentes sur les lieux était difficile et à ce jour d'ailleurs il reste plusieurs personnes à identifier», a déclaré Thierry Dran.

La plupart sont liés à des mouvements d'ultragauche, et parmi eux figurent trois proches du député de gauche radicale Raphaël Arnault, fondateur du groupuscule La Jeune Garde Antifaciste, dissoute par décret en juin 2025 notamment pour des «violences».


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