Une nouvelle dénonciation pénale vise Valérie Dittli, a appris Blick. Cette fois, il s'agit du litige autour du compte créé en 2025 dans le but de financer sa campagne pour un second mandat au Conseil d'Etat. Ouvert au nom de la section Lavaux-Oron du Centre Vaud, il a accueilli des dons à Valérie Dittli. Aujourd'hui, après avoir quitté le parti, elle réclame les fonds restants sur le compte. Le parti s'y oppose.
Ces derniers jours, Valérie Dittli aurait sollicité une rencontre rapide avec Faustine Tsala, présidente de la section Lavaux-Oron, pour parler du compte bancaire et pour «régler juridiquement à qui revient l'argent et ce qu'il convient de faire de cet argent», a appris Blick.
Face aux tensions soulevées par ces demandes, l'ancien président du Centre Vaud, Ludovic Paschoud, aurait joué les intermédiaires pour le compte de Valérie Dittli. Faustine Tsala aurait alors souhaité confier le mandat à l'avocat du Centre Vaud, Samuel Thétaz. Ce dernier nous confirme l'information: la section Lavaux-Oron entend déposer une dénonciation pénale ce mercredi 10 septembre contre Valérie Dittli.
Compte gelé et signature révoquée
Tout en reconnaissant elle-même que le compte appartenait au parti, la conseillère d'Etat a initialement insisté sur le fait que les fonds qui lui ont été versés en 2025 et 2026 n'étaient pas destinés à sa campagne avec le parti mais qu'il s'agissait de fonds de soutien à son action politique. Puis, sur les ondes de la RTS, elle a atténué sa version, en déclarant qu'«un soutien, dans une vie politique c'est forcément pour une future campagne, sinon on ne soutient pas un conseiller d'Etat».
Pour rappel, depuis ce 24 août, la conseillère d'Etat est soupçonnée par la section Lavaux-Oron du Centre Vaud d'avoir voulu clôturer ce compte et d'avoir tenté d'en transférer le solde de 22'000 francs ailleurs.
A ce jour, il reste à éclaircir les circonstances exactes dans lesquelles la demande de clôture du compte était parvenue au gestionnaire du compte à la Banque cantonale vaudoise (BCV). Selon nos informations, seule Valérie Dittli disposait d'un pouvoir de signature individuelle sur ce sous-compte. Ce dernier est aujourd'hui gelé, et la signature de Valérie Dittli révoquée.
Au niveau légal, les questions qui concernent le compte tournent autour des tentatives d'en retirer le solde, mais aussi de l'usage qui a été fait des fonds. Valérie Dittli avait notamment utilisé les fonds du compte pour payer les 10'000 francs de sa cotisation de fonction au Centre Vaud, ce qui soulève potentiellement des questions légales.
Plusieurs dénonciations pénales
Concernant les arguments de Valérie Dittli sur les buts du compte, Samuel Thétaz les conteste. Il estime que, si le compte n'était pas un compte de campagne, alors il ne pouvait pas recevoir des sommes supérieures à 300 francs. «Dans un tel cas, il y aurait détournement de la règle du plafond de 300 francs qui s'impose pour les cadeaux d'usage, et donc acceptation d'un avantage». Et si c'est un compte de campagne, «alors il se destine aux campagnes menées pour le parti du Centre et il n'y aurait pas à restituer les fonds», explique-t-il.
Cette dénonciation n'est pas la première déposée par le Centre Vaud durant cette crise. Ce dernier a également déposé le 20 août une dénonciation pénale contre inconnu pour falsification de document. La procédure concerne un faux document interne qui avait fuité dans une version antérieure à celle officielle du 10 août, et qui prêtait à Giancarlo Sergi l'intention cachée de présenter sa candidature déjà le 2 septembre, avant d'attendre, comme il l'avait promis, la décision prioritaire de Valérie Dittli. Giancarlo Sergi avait démenti l'existence d'une telle version, puis demandé à Samuel Thétaz de déposer une dénonciation pénale.
Outre ces dénonciations pénales du Centre Vaud, Valérie Dittli est déjà visée par deux autres plaintes pénales: celle ouverte en juin 2026 pour octroi de mandats à l'ancien président de la Commission foncière rurale, et celle ouverte le 7 octobre 2025 pour abus d'autorité dans le cadre de la tentative d'annuler des taxations entrées en force.