Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) prend des mesures concrètes contre le harcèlement sexuel. A la suite d'une enquête de l'émission Temps Présent de la RTS révélant des cas de harcèlement, de chantage et d'abus de pouvoir par certains chirurgiens et chefs de service, l'institution a décidé de mettre en place une cellule spéciale.
L'annonce a été faite mercredi sur les ondes de la RTS par le directeur des opérations ad interim du CHUV, Gianni Saitta. Les nouvelles mesures seront mises en place d'ici à cet été, dont la création d'une cellule dédiée, un questionnaire sur le climat de travail et des enquêtes systématiques pour prévenir de telles situations, indique-t-il.
Gianni Saitta explique que «malgré la politique de tolérance zéro, en place depuis 2018, avec des intentions claires, les processus internes n'étaient pas suffisamment structurés pour garantir une réponse rapide et efficace aux cas de harcèlement sexuel». Il souligne que l'objectif actuel est de «corriger cette situation au sein du CHUV». Quatre enquêtes sont par ailleurs en cours, selon lui.
La culture d'entreprise doit changer
Il admet qu'une cellule dédiée et un questionnaire ne suffiront pas à combler toutes les lacunes: «Cela ne sera pas suffisant, c'est aussi une question de culture au sein du CHUV», souligne-t-il. «La culture d'entreprise devra changer et aussi par les cadres qui sont en place (...) Ils ont le rôle et la responsabilité de veiller à ce que le harcèlement n'ait pas lieu au sein de leur service ou de leur unité», dit-il.
Egalement interrogé par la RTS, le secrétaire syndical au SSP-Vaud David Gygax estime qu'il est difficile de juger si les mesures actuelles sont suffisantes. «Pour l'instant, ce ne sont que des paroles», dit-il. Selon lui, «les cas évoqués dans le reportage de Temps Présent sont connus de tous, y compris de la direction générale du CHUV, du Conseil d'Etat et de l'ensemble du personnel».
«Le vrai courage aujourd'hui serait de prendre en main les situations connues, de dire qu'il y a des coupables, des responsables avérés, et de les sanctionner. Ce serait cela, la tolérance zéro pour les coupables», affirme-t-il.
Le sujet rebondit aussi au niveau politique. Au Grand Conseil vaudois, un postulat PLR a été déposé mardi. Soutenu par quelque 75 députés de tous bords politiques, le texte vise à «garantir au personnel médical, soignant et hospitalier du CHUV un environnement de travail sûr et respectueux». Il demande aussi un audit externe et la mise en place d'un questionnaire anonyme.