Les dernières semaines semblent avoir laissé des impacts sur la conseillère fédérale Viola Amherd. Son Département de la défense (DDPS) n'est pas seulement secoué par une série de scandales. Une grande partie de la direction du Département démissionne. Outre Viola Amherd, le chef de l'armée Thomas Süssli, le chef du service de renseignement Christian Dussey et le chef des forces aériennes Peter Merz s'en vont. L'atmosphère est pesante au DDPS.
Mais le travail doit continuer. Mercredi, Viola Amherd a présenté le message sur l'armée 2025 devant les médias à Berne, visiblement irritée. C'est le Parlement qui tranchera. Il s'agit au total de crédits d'engagement d'un montant d'environ 1,7 milliard de francs. «Le Conseil fédéral veut ainsi améliorer la capacité de défense de la Suisse et combler les lacunes critiques en matière de sécurité», a expliqué Viola Amherd.
Artillerie, mini-drones et cantonnements de troupes
La dernière liste de courses de Viola Amherd avant son départ fin mars comprend environ 1,5 milliard de francs pour des projets d'armement. Le Conseil fédéral demande 185 millions pour des projets immobiliers. Voici les détails:
- 32 unités du système d'artillerie à roues de type AGM Artillery Gun Module de l'entreprise KNDS Allemagne. Il doit remplacer l'obusier blindé M-109. Coût: 850 millions de francs.
- 255 millions de francs pour les travaux de remise en état des chars Leopard 2 en service.
- 110 millions de francs pour le développement de l'informatique au sein de la troupe.
- 72 millions de francs pour des logiciels permettant un échange de données rapide, sûr et standardisé.
- 80 millions de francs pour étendre les capacités du réseau de renseignement et des capteurs, avec des radars passifs supplémentaires pour l'imagerie de la situation aérienne.
- 30 millions de francs pour des mini-drones.
- A cela s'ajoutent entre autres un centre médical pour 21 millions de francs et un cantonnement de troupe déplaçable pour 24 millions de francs.
Par ailleurs, le Conseil fédéral propose au Parlement de mettre définitivement hors service la flotte de F-5 Tiger, qui signerait la fin de la Patrouille Suisse. Le DDPS est toutefois en train d'examiner une possible alternative, qui serait moins chère et produirait moins d'émissions.
Pour la énième fois, la ministre de la Défense Viola Amherd a souligné la nécessité urgente de rendre l'armée suisse à nouveau capable de se défendre. «Depuis l'attaque de la Russie contre l'Ukraine, la situation sécuritaire en Europe s'est drastiquement détériorée, a-t-elle souligné, et la Suisse le ressent aussi.»