«Et c'est sa faute!»
La Suisse n'est pas capable de se défendre toute seule, selon un expert

La Suisse doit renforcer sa défense, affirme l'historien militaire Fritz Kälin. Il recommande d'étendre l'obligation de servir et d'accroître la production de munitions, tout en soulignant les atouts du pays comme sa neutralité et sa géographie.
Publié: 18:44 heures
La Suisse n'est actuellement pas complètement capable de se défendre estime l'historien militaire Fritz Kälin.
Photo: imago images/Pacific Press Agency
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ATS Agence télégraphique suisse

La Suisse n'est actuellement pas complètement capable de se défendre, et cela par sa faute, estime l'historien militaire Fritz Kälin. Les conditions pour «retrouver une capacité de défense crédible» sont toutefois bonnes.

Jusqu'à l'introduction des avions de combat F-35 et du système de missiles antiaériens Patriot, prévue après 2027, la Confédération n'est ainsi pas protégée contre les attaques aériennes à distance, affirme le spécialiste, interrogé par Keystone-ATS. A l'échelle européenne également, il y a trop peu de systèmes de défense et bien trop peu de missiles de défense à disposition.

Grâce aux abris antiatomiques, la population suisse est toutefois mieux protégée que dans d'autres pays. La situation deviendrait dangereuse si le pays était attaqué de plus d'une direction à la fois. Cela pourrait par exemple se produire si les structures actuelles des alliances occidentales venaient à s'effondrer, relève M. Kälin.

Bonnes conditions

Globalement, l'expert estime que la Suisse dispose de bonnes conditions pour redevenir capable de se défendre: l'obligation de servir et le système de milice, la densité des abris, la neutralité armée et sa situation géographique font de la Confédération «une cible politiquement moins intéressante pour des attaques d'envergure d'Etats ou de groupes terroristes».

Fritz Kälin voit un potentiel d'amélioration dans le système d'obligation de servir, qui doit absolument être modernisé, selon lui. La Suisse dispose en effet de centaines de milliers d'hommes et de femmes ayant suivi une formation militaire, mais l'armée ne peut en équiper qu'une petite partie.

L'obligation de servir devrait être étendue sur une durée plus longue et à une plus grande partie de la population, explique le rédacteur en chef adjoint de la revue alémanique spécialisée Allgemeinen Schweizerischen Militärzeitschrift (ASMZ).

Réserves de munitions

L'expert estime par ailleurs qu'il faut augmenter la production nationale de munitions. Car, avec les réserves actuelles, la Suisse dépendrait en quelques jours de livraisons de l'étranger en cas de guerre.

Quant aux démissions des chefs de l'armée et du Service de renseignement de la Confédération (SRC), il y voit certes une perte de savoir-faire. Mais ces départs n'ont qu'un impact psychologique à ses yeux.

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