Promesse d'immunité
L'Afrique du Sud arrêtera-t-elle Poutine s'il se rend sur son territoire?

Vladimir Poutine sera-t-il arrêté s'il se rend au sommet des BRICS en août? Pendant longtemps, les autorités sud-africaines ont laissé planer le doute. Le ministère des Affaires étrangères s'est désormais prononcé.
Publié: 01.06.2023 à 16:22 heures
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Dernière mise à jour: 01.06.2023 à 16:40 heures
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La Cour pénale internationale a lancé un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine.
Photo: IMAGO/SNA
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Chiara Schlenz

Vladimir Poutine se rendra-t-il en Afrique du Sud en août? La probabilité est grande, puisque le 15e sommet des BRICS (acronyme pour désigner un groupe de cinq pays: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se tiendra cet été à Johannesburg. Les chefs d'État de ces pays s'y rencontreront. Une occasion pour le président russe de se présenter au monde entouré d'alliés.

Il y a toutefois un hic: la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a lancé un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine en raison des atrocités commises lors de la guerre en Ukraine. Comme elle a ratifié le Statut de Rome avec 123 autres pays, l'Afrique du Sud s'est engagée à arrêter et à extrader le dirigeant vers la CPI s'il foule le territoire.

Le gouvernement fait marche arrière

Le gouvernement sud-africain dirigé par Cyril Ramaphosa a toutefois annoncé mardi qu'il avait garanti l'immunité diplomatique à tous les participants au sommet... y compris la délégation russe et Vladimir Poutine. L'annonce a provoqué un tollé tant au niveau national qu'international. L'Alliance démocratique (DA), qui représente l'opposition, a même menacé d'engager des poursuites judiciaires. Mardi soir déjà, le gouvernement a rétropédalé. «Ces immunités n'annulent pas un mandat d'arrêt qui aurait été émis par un tribunal international contre un participant à la conférence», peut-on lire sur le site du ministère des Affaires étrangères (DIRCO).

Mais l'opposition n'est toujours pas satisfait: «L'Alliance démocratique demande au DIRCO de traduire sa déclaration officielle en actes.» Concrètement, le parti demande que les autorités fassent savoir officiellement à l'ambassade russe «que le gouvernement sud-africain exécutera le mandat d'arrêt si le président russe participe au sommet des BRICS en août».

L'Afrique du Sud s'y conformera-t-elle?

L'Afrique du Sud respectera-t-elle effectivement le Statut de Rome? On peut s'interroger, car le pays est proche de la Russie depuis longtemps. Pendant la guerre froide, le Kremlin a soutenu le parti au pouvoir, l'ANC, dans sa lutte contre l'apartheid. En janvier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a effectué une visite officielle à Pretoria, et en février, l'Afrique du Sud avait organisé un exercice militaire commun controversé avec la Russie et la Chine. Début juin, une réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS aura lieu au Cap, à laquelle Sergueï Lavrov participera également.

Ce n'est pas la première fois que l'Afrique du Sud refuse d'arrêter un homme politique faisant l'objet d'un avis de recherche international. En 2015, le gouvernement sud-africain a autorisé le président soudanais de l'époque, Omar el-Bechir, à quitter le pays après sa visite à Pretoria lors d'un sommet de l'Union africaine. Et ce, malgré deux mandats d'arrêt émis par la CPI pour génocide et crimes de guerre au Darfour.

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