Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a réaffirmé dimanche que la guerre en Ukraine ne pouvait prendre fin qu'à la table des négociations. Dans ce cadre, il lâche une bombe: tout accord de paix exige forcément des compromis. Y compris en matière de territoire.
Lors des entretiens annuels de Kultaranta en Finlande, le gestionnaire de l'Organisation du traité nord-atlantique maintient que si l'Occident est prêt à payer pour renforcer l'armée ukrainienne, Kiev ne pourra pas se passer de faire des concessions territoriales à Moscou pour mettre fin au conflit. «La paix est possible. La question est de savoir quel prix (les Ukrainiens) sont prêts à payer pour la paix. Combien de territoire, combien d'indépendance, combien de souveraineté sont-ils prêts à sacrifier?»
Des signaux contradictoires envoyés à Kiev
Jens Stoltenberg n'a pas présenté de propositions concrètes de l'OTAN sur la manière de mettre fin au conflit. C'est «à ceux qui paient le prix le plus élevé de prendre cette décision». L'OTAN et l'Occident continueront à fournir des armes aux Ukrainiens afin de «renforcer leur position» si une solution est finalement négociée. Puisqu'il était en Finlande, le diplomate a rappelé le cas de ce pays, qui a cédé la Carélie à l'Union soviétique dans le cadre d'un accord de paix pendant la Seconde Guerre mondiale. Jens Stoltenberg a qualifié l'accord finno-soviétique de «l'une des raisons pour lesquelles la Finlande a pu émerger de la Seconde Guerre mondiale en tant que nation indépendante et souveraine».
Sa déclaration intervient à un moment où l'alliance occidentale avec Kiev ne semble plus aussi inconditionnelle qu'au début de la guerre. Officiellement, les milieux américains et britanniques continuent de dire que l'Ukraine peut gagner la guerre contre la Russie. Des avertisseurs comme le président français Emmanuel Macron mettent toutefois en garde contre le fait de pousser Moscou dans ses retranchements.
«Fatigue de l'Ukraine»
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait déjà récemment accusé l'Occident d'être «fatigue de la guerre». Selon lui, des cercles étrangers pousseraient Kiev à des négociations de paix prématurée.
L'influente plateforme médiatique internationale Open Democracy parle d'une «fatigue ukrainienne». Selon un éditorial: «Pour un monde qui semble prêt à aller de nouveau de l'avant, la résistance de l'Ukraine pourrait lentement se transformer en inconvénient. Et la Russie mise là-dessus.»
(Adaptation par Jocelyn Daloz)