Expulsion massive de Trump
Ce qui attend les gangsters dans la prison de l'horreur du Salvador

L'administration Trump a expulsé 250 criminels présumés vers le Salvador – dont 238 membres du gang Tren de Aragua – malgré l'ordre d'un juge. Ils ont été transférés dans la plus grande prison d'Amérique latine.
Publié: 18.03.2025 à 22:10 heures
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Le président américain Trump a fait expulser plus de 250 délinquants présumés vers le Salvador.
Photo: Anadolu via Getty Images
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Daniel Macher

L'administration Trump a expulsé dimanche des centaines de criminels présumés vers le Salvador. Plus de 250 délinquants ont quitté les Etats-Unis à bord de plusieurs avions, dont 238 membres présumés du gang vénézuélien Tren de Aragua. Leur destination: le plus grand centre de détention de haute sécurité d’Amérique latine, le Centro de Confinamiento del Terrorismo (Cecot). 

«Aujourd'hui, les 238 premiers membres de l'organisation criminelle vénézuélienne Tren de Aragua sont arrivés dans notre pays», a écrit le président du Salvador, Nayib Bukele, sur X. «Nous sommes très fiers de ce que nous avons fait. Les Etats-Unis versent six millions de dollars au Salvador pour la prise en charge de ces expulsés.» Nayib Bukele a précisé que ces fonds serviraient à renforcer le système pénitentiaire et à aider les autorités à poursuivre l’arrestation de membres de gangs.

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Pas d'espace, pas d'intimité, pas de visites

La prison du Cecot, où ces personnes ont été envoyées, fait l’objet de vives critiques en raison de ses conditions de détention. Avec une capacité de 40'000 détenus, c’est la plus grande prison du continent américain. Des organisations de défense des droits humains dénoncent un traitement inhumain et contraire au droit à l’encontre des prisonniers.

Jusqu'à 100 détenus se partagent des cellules de 100 mètres carrés, sans aucune intimité. Ils doivent dormir sur des plateformes métalliques sans matelas. Les conditions d'hygiène sont déplorables: seulement deux lavabos et deux toilettes par cellule. Par mesure de sécurité, les détenus mangent avec les mains. Ils n’ont droit qu’à 30 minutes d’activité physique par jour et les visites sont strictement interdites.

Certains critiquent le fait que le Salvador ait suspendu des droits constitutionnels dans la lutte contre la criminalité. Plus de 80'000 personnes ont été arrêtées dans tout le pays. Le président Nayib Bukele a reconnu que des innocents en faisaient partie, mais il a qualifié cela d'inévitable dans la lutte contre les gangs. 

La dérive autoritaire du Salvador

Cette expulsion menée par l’administration Trump soulève de sérieuses questions juridiques. Le président américain Donald Trump s’est appuyé sur des pouvoirs de temps de guerre pour accélérer la procédure. Or, un juge fédéral avait suspendu samedi soir l’application de l’«Alien Enemies Act» de 1798 et ordonné le retour immédiat des avions transportant les migrants vers les Etats-Unis.

Problème: les vols d’expulsion étaient déjà en cours lorsque cette décision a été prise. Les experts juridiques y voient une possible violation de l'ordonnance du juge.

Malgré cela, Trump a défendu la mesure dimanche: «Je peux vous dire que ce sont de mauvaises personnes. C’était un mauvais groupe de… comme je dis, d’hommes.» La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que le gouvernement n'avait pas enfreint l'ordre du juge, car celui-ci avait été émis alors que les migrants avaient déjà quitté les Etats-Unis.

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